Affaire de 10 ans de gestion de Yayi...

mercredi 18 mai 2016 par Arimi Choubadé

Cherchons ensemble le "rupturien" qui n’a jamais été yayiste, ne serait-ce qu’une seule seconde, au cours des 10 années de grabuge. Jamais de nomination, de marche de soutien, de prière, de transactions en tout genre. Rien avec "Yinwè". Seul le président Talon a eu le courage de reconnaître publiquement qu’il a aidé à l’avènement du "changement" en 2006 et contribué à son maintien par le K.O de 2011. Pas étonnant qu’il ait choisi lui-même de parler de "nouveau départ" avant de se faire embarquer dans la vague de la "rupture" entre les deux tours de la présidentielle 2016. Les autres par contre se sont découvert une nouvelle vocation : tirer à boulets incandescents sur l’héritage de la décennie "Yinwè" et tout nier en bloc. Plus aucun d’eux ne veut assumer la moindre responsabilité de la gestion calamiteuse dont les effets lestent lourdement aujourd’hui encore le nouveau départ. Bien que certains d’entre eux recèlent encore quelques rapines de la funeste époque soit en promotion politique ou sociale, soit en réalisations matérielles. Le tout sur le dos de gens qui pourtant n’ont collaboré avec ce régime très en verve jadis sur la négation des valeurs et du nivellement par le bas.

Je me garde de citer ici de noms d’anciens collabos reconvertis dans la foulée de la confusion électorale de mars 2016. Nul doute que les débuts laborieux voire poussifs de la "rupture" tiennent justement à la présence en son sein de gens apeurés par la perspective d’un dévoilement précoce de leur forfait passé. Chaque tare du yayisme répertorié par le régime Talon en vue d’un retour à la norme se heurte à une fébrilité instantanée et à des blocages en tout genre. Il en ainsi des mesures de suspension de l’exportation du bois, des effets des concours à polémiques, des péages-policiers sauvages, de la réforme de la filière des véhicules d’occasion ainsi que de la suppression de certains profils dans les ministères. Autant de mesures sabotées de l’intérieur du système sur fond de manipulation et de mauvaise foi manifeste.

C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons qu’il urge de passer de l’étape des conjectures sur l’héritage de Yayi à la recherche de la vérité sur chaque forfait reproché à ses deux mandats cumulés. Adjaka et ses collègues magistrats pourraient être mis à contribution à ce propos. On attend des juges et tribunaux une inquisition équitable sur la gestion du passé. Ce qui permettrait d’aboutir à une sélection rigoureuse des cadres et autres collaborateurs les plus aptes pour la rupture. La justice attend des moyens pour mettre à nu des forfaits liés au placement illégal d’argent, à la construction du musée national de la corruption en lieu et place d’un nouveau siège pour le parlement à Porto-Novo, des surfacturations lors de la tenue du sommet de la Cen-Sad à Cotonou, des marchés gré à gré, etc.. Ces procédures pourraient mieux renseigner sur le degré d’intégrité de chacun des rupturiens plutôt que sur leurs professions de foi respectives.

Plus que jamais, l’impunité est l’adversaire N°1 de l’assainissement des mœurs au sein des acteurs de la vie publique du Bénin. Indépendamment de la longévité de chacun auprès de Yayi, la lumière sur leurs implications à divers degrés dans les dérives du pouvoir pourrait être un indicateur objectif. Magistrats, douaniers, policiers et autres paramilitaires connaissent par chœur les noms des députés ayant milité en faveur de la suppression de leur droit de grève. On connaît également tous ceux qui marchaient pour soutenir le chef de l’Etat d’alors dans les affaires dites de tentative d’empoisonnement et de coup d’Etat. Les mémoires sont encore fraîches sur l’identité de tous ceux qui ont accompagné le projet de révision de la constitution qui pourrait amener Yayi BONI à solliciter un troisième mandat. Sans oublier tous les criminels à col blanc qui ont siphonné les caisses de l’Etat et qui s’activent actuellement a s’acclimater vis-à-vis de la nouvelle légitimité.

Et pourtant la vraie opposition à Yayi sur les 10 ans est bien là...

Par Arimi Choubadé
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