Le PCB aussi dans le consensus ???

vendredi 27 mai 2016 par Arimi Choubadé

Les communistes du Bénin n’auraient plus d’ennemi. Enfin ! Depuis la création de leur parti, le Parti communiste du Bénin, c’est presque une première de les voir participer à un dialogue national, celui autour de la révision de la constitution. Cette fois-ci, les rouges acceptent de donner leur point de vue dans un cadre institutionnel classique sans en appeler à la "révolution", la "dictature du prolétariat", la "dénonciation de dirigeants corrompus et vendus" etc... Conformément à une rhétorique gauchiste très rodé. Peut-être le premier des miracles promis par Patrice Talon aux Béninois. Sauf cataclysme de dernière heure, le processus de révision de la constitution peut se vanter, à son terme, d’avoir revêtu, également, le sceau du PCB, au même titre que les autres partis et alliances de partis actuellement en vogue. Participer à la révision d’une constitution dont on a boycotté le vote un quart de siècle plus tôt relève d’un grand chamboulement idéologique.

Autre temps, autres mœurs, les communistes semblent avoir "vaincus" tous leurs ennemis emblématiques. Le dernier n’était rien d’autre qu’un certain Lionel Zinsou, en qui, ils avaient vu l’incarnation du colon blanc, ennemi naturel de tous les nationalistes de gauche. Yayi aussi a plié bagage de la Marina sans réussir une seule fois à se mettre d’accord avec le PCB sur le moindre sujet au cours de sa folle odyssée décanale. Ironie du sort, peu avant le terme du mandat de Yayi, le grand "méchant" des rouges à savoir Mathieu Kérékou a tiré sa révérence. Emportant dans sa majestueuse tombe l’impunité de tous les crimes commis sous son règne sanglant. Ainsi, au moment où s’installait Patrice Talon au pouvoir, il ne restait plus personne capable de déclencher la foudre communiste. Une grâce exceptionnelle dont bénéficie naturellement la commission installée pour réfléchir sur les grandes réformes institutionnelles. Place donc aux combats idées.

En clair, le pays rentre dans un consensus encore plus large que celui réalisé à l’historique conférence nationale. Le premier enseignement à tirer de cette dynamique est que personne ne semble contre la modification du texte fondamentale comme ce fut le cas pour toutes les tentatives de Kérékou puis de Yayi. A chaque fois, de forts courants aussi bien au sein de la classe politique que dans la société civile se sont constitués pour barrer la route aux réviseurs. Auparavant, les commissions de ce genre étaient vouées aux gémonies. Cette fois-ci, c’est l’effet inverse puisque tout le monde court pour intégrer le cercle de réflexion. Les bruyantes esbroufes des prétendus exclus du processus prouvent bien l’engouement que suscite la révision de la constitution à l’ère du nouveau départ.

Face à cet éveil national, les petites divergences apparaissent comme des détails futiles. L’essentiel n’est plus d’être pour ou contre le mandat unique ; pour ou contre la suppression de la Haute cour de justice ; pour ou contre l’élection des présidents de la Haac ou de la Cour constitutionnelle par leurs pairs. L’essentiel c’est d’être tous pour la révision de la constitution. Cette initiative ne pouvait faire l’économie d’affrontements idéologiques ou dogmatiques. L’enjeu n’est pas d’avoir raison ou pas sur les autres mais de contribuer à améliorer la gouvernance. Mais déjà le premier gain de l’opération c’est d’avoir ramené au sein de la barque commune toutes les compétences disponibles. Pour une fois tortionnaires et torturés semblent engagés dans un même processus. Même si...

Prêts pour la révision mais la lutte continue...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1536-le-pcb-aussi-dans-le-consensus.html

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