Enfin le procès Yayi Boni ???

mercredi 8 juin 2016 par Arimi Choubadé

Il ne s’agit plus de vagues soupçons, de rumeurs injustifiées ou de clameurs complaisantes. Le visage de la mal gouvernance de Yayi se fait de plus en plus précis, avec ses premiers chiffres, "entre 350 et 450 milliards" de trou non encore justifié. Le N°3 du gouvernement Talon, Abdoulaye Bio Tchané se fait plus catégorique en dénonçant pêle-mêle une absence totale d’orthodoxie financière, des dépenses hors budget voire de "situations incroyables". Tout ceci non pas dans une causerie amicale entre amis mais dans un journal français, Le Monde. Fini donc la traditionnelle langue de bois ou des précautions d’usage lorsque les "grands" veulent se parler par médias interposés. Cette fois-ci Bio Tchané accuse ouvertement Yayi Boni et son régime d’avoir laissé les finances du Bénin "dans un état catastrophique".

Ce qui précède n’est rien d’autre que la description méticuleuse d’un crime contre le trésor public. Un forfait qui ne saurait rester à l’étape de la dénonciation verbale et médiatique. Dans une autre vie, Bio Tchané alors ministre des finances du gouvernement Kérékou n’avait pas hésité à saisir la justice dans le dossier de privatisation de la société pétrolière Sonacop contre Séfou Fagbohoun lui aussi baron du même régime que celui du ministre plaignant. A présent que tout oppose Yayi et Bio Tchané, il serait difficile de comprendre que le procès contre le régime du changement-émergence-refondation s’arrête exclusivement au micro de nos confrères de Le Monde et que la justice béninoise ne soit pas édifiée sur ces faits suffisamment graves. La sentence médiatique doit pouvoir se muer très rapidement en une inquisition contradictoire devant des juges en présence de tous les acteurs impliqués.

Bio Tchané aurait fait beaucoup de mal à ce pays s’il n’usait pas de tout son poids pour que les béninois puissent savoir ce qui a été fait de leurs impôts. Yayi Boni n’aurait jamais pu atteindre ces sommets dans le catastrophisme ambiant si bien décrit aux confères de Le Monde par le "rupturien". Tous les comptables publics connaissent par chœur la notion de responsabilité dans le maniement des deniers du trésor. En la matière aucune excuse n’est admise. Le fonctionnaire est au service de la République pour toute la durée de sa carrière et non pour un mandat politique éphémère et révocable tous les 5 ans. Le moment est donc propice pour que chacun réponde de ses actes suivant les textes en vigueur. Aucune punition ne serait possible pour les voleurs de demain si ceux d’hier et d’aujourd’hui bénéficient d’ores et déjà d’une forme d’impunité. Même imparfait, le système actuel de reddition de compte permet au moins de saisir un juge, de lever des immunités parlementaires, de mettre des fonctionnaires en débet voire de mettre des suspects en détention préventive.

Et comme nous nageons dans l’art du tout est possible depuis deux décennies, si par extraordinaire tout est faux, plutôt des racontars d’un ministre oisif ou du mensonge tout simplement, pourquoi Yayi, oui Yayi , lui, ne se retournerait pas contre son calomniateur ne serait-ce que pour diffamation ? Si le rush médiatique de Bio Tchané n’était destiné qu’à souiller l’honneur et la fierté wassangari de l’ancien président, cela aussi doit se payer cash. Le match ne fait que commencer donc entre les deux hommes ; pourvu que cela serve à la manifestation de la vérité. Il est exclu que auteurs et complices côtoient quotidiennement des révélations sur leurs récents forfaits comme si de rien n’était. L’imprescriptibilité des crimes économiques a cessé d’être une légende au Bénin depuis le vote de la loi dite anti corruption alors que le parlement était encore sous ordre.

Plaise à Tchané que finisse l’ère des crimes sans auteurs...

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1538-enfin-le-proces-yayi-boni.html

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