Anjorin a-t-il tué la justice au Bénin ???

lundi 13 juin 2016 par Arimi Choubadé

La police de la République protégeant la violation d’une décision de justice, sous le regard amusé d’émissaires étrangers de la Fifa à Cotonou. Ce fut une journée de morne pour la justice béninoise au matin du vendredi 10 juin 2016 au palais des congrès. La force publique était présente, abondante, exubérante mais pas du côté de la loi et de la justice. Elle était plutôt du côté de l’imposture, de la ruse et de la rouerie. La République était littéralement à terre, piétinée, souillée. Malgré l’ordonnance d’interdiction du juge, il paraîtrait que le congrès dit électif de la fédération béninoise de football a eu lieu en ces lieux. Sous la protection bienveillante de la police nationale. L’huissier de justice débarqué pour une énième notification aux policiers commis à la protection des imposteurs s’est fait proprement nargué. Encore une fois, la justice n’a pas existé devant le super-roi-du-foot-du-Bénin, Moucharaf Anjorin. Quel que soit le régime, depuis plusieurs années, ses désirs passent avant la justice. Tradition respectée.

Lui seul a été capable de diriger la FBF depuis une cellule de la prison civile de Cotonou d’où il continuait d’être l’unique interlocuteur de la Fifa. Le même a encaissé décisions de justice après décisions de justice invalidant son poste de président de la FBF au profit d’un certain Atolou mais est demeuré à son poste jusqu’à la fin de son mandat. Le voilà qui vient se parader, couvert par un fort détachement de la police alors qu’il contrevenait, en live, à une décision de justice. Sous d’autres cieux, ce flagrant délit aurait été réprimé avec la dernière rigueur surtout que le principal orchestrateur est un récidiviste notoire connu des juges. Là où Anjorin passe au Bénin, le juge se cache. Cela a été démontré encore une fois le 10 juin 2016. Rien n’a pu l’empêcher de faire admirer sa toute puissance à ses amis étrangers envoyés par la version Fifa de la paire Blater-Ayatou en voie de disparition. Tant pis si le conclave aurait eu lieu, sans les représentants de l’Etat Béninois, sans la présence d’un huissier pour dresser procès verbal de l’AG en question. La présence massive de policiers envoyés pour veiller à son sacre clando suffit à sa gloire. Il se proclame d’ores et déjà Anjorin 2 différent de Anjorin 1er.

La police ! Eh oui cette police sous les ordres d’un ministre qui dans une autre vie était député supporter acharné d’une proposition de loi portant interdiction du droit de grève aux magistrats. Pour lui, dépêcher ses hommes faire un pied de nez à une décision de magistrat relève d’une logique implacable. Patrice Talon croyait avoir trouvé les hommes pouvant l’aider à respecter l’un de ses vœux exprimés avec force au cours de la campagne électorale 2016 à savoir : respect de la justice. Il vient d’être édifié sur le degré d’adhésion de certains aux axes que la "rupture" s’est tracée elle-même. Car, cette collusion infectieuse entre un prédateur avéré des décisions de justice et un adversaire patenté des droits des magistrats est d’une violence inouïe pour tous les citoyens encore attachés à la notion d’Etat de droit surtout après le traumatisme des années Yayi.

Ce qui s’est passé le vendredi 10 juin au palais des congrès n’aurait jamais eu lieu si plusieurs yayistes n’étaient impliqués au premier degré à commencer par l’organisateur en chef du congrès interdit qui n’est rien d’autre que le président du CoNor, avocat de l’empoisonné présumé alors chef de l’Etat. Avec l’appui de son mentor, l’inclassable Anjorin auteur de la complicité malfaisante entre le gouvernement et la Fifa (une première au monde) dans le but de faire remplacer un bureau exécutif de la FBF élu par un machin présidé par l’avocat personnel de Yayi sous le fallacieux prétexte de retrait d’agrément. Avec le soutien non moins négligeant du nouveau patron des flics autrefois très remonté contre les magistrats grévistes. Une fois le forfait accompli, on peut comprendre la difficulté du gouvernement à opter pour un quelconque boycott du match du dimanche 12 juin financé et préparé sur fonds du trésor public. L’équipe nationale est la propriété de la République même si le droit de jouer ce match contre la Guinée Équatoriale a été obtenu par la manipulation et le dol. La Fifa, c’est lui ; la Caf, c’est lui ; le droit, c’est lui ; la justice, c’est lui ; la police, c’est lui ; le football au Bénin, c’est lui ; les écureuils, c’est lui...

L’autre forme du Yinwè-Yindié ....

Par Arimi Choubadé
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