La bonne nouvelle de la baisse des recettes douanières ???

lundi 20 juin 2016 par Arimi Choubadé

La douane béninoise ne brasserait plus des milliards comme auparavant. Finie l’époque où elle se vantait d’avoir dépassé les quotas annuels à elle fixés par le gouvernement. Les régies tournent visiblement en mode baissier selon les constats du gouvernement de la rupture. Certainement des trous pour le budget national désormais privé de quelques ressources face aux réclames d’infrastructures socio communautaires qui fusent de toute part sur l’étendue du territoire national. Des caprices de la poule aux œufs d’or qui s’expliqueraient, entre autres causes, par des perturbations aux frontières avec le Nigeria. En effet, le grand voisin refuserait de faire entrer chez lui des marchandises transitées par le port de Cotonou. Et que pour faire lever les obstacles, le président Talon devrait aller démontrer des talents de danseur de ventre devant son homologue nigérian aux fins d’infléchir la position de son administration vis-à-vis des produits destinés au Nigeria via le port de Cotonou.

Si Talon devrait écouter, le chercheur et opérateur économique Valentin AGON, la rupture devrait se réjouir de l’agonie des régies douanières actuellement. L’inventeur n’a de cesse de plaider la réduction de la part contributive de la douane au budget national. Sa démonstration ne souffre d’aucune ride depuis lors. Il part du principe que chaque produit qui entre en consommation au Bénin après dédouanement fait plus de bien au producteur étranger ; ce dernier créé ainsi, pour son pays de provenance, de l’emploi, de la richesse et des opportunités. Le consommateur final béninois, en acquérant un produit étranger, paie les coûts de production, les taxes et la marge bénéficiaire de tous les intermédiaires. En clair, la douane ne récupère par de l’argent venu de l’extérieur ; elle ne fait que recueillir de l’argent des citoyens béninois dont une grande partie prend la direction d’un autre pays. La douane béninoise est donc pratiquement au service des économies des pays de provenance des marchandises débarquées au port et non au service du développement du Bénin.

Le principe devrait être que la douane s’oppose systématiquement à l’entrée sur le territoire national de tout produit dont l’équivalence locale existe. A défaut, les taxes douanières doivent suffisamment élevées de sorte que les produits importés de l’étranger puisse coûter plus cher au consommateur que les produits locaux. Si la douane béninoise obéissait à une politique de promotion de la production locale, aucun produit venu de l’extérieur ne pourrait être plus abordable par rapport aux produits locaux. AGON soutient qu’un produit essentiellement local est, dans tous les cas, largement plus rentable pour l’économie nationale qu’un produit étranger à prix réduit. Quelle que soit la cherté du produit local tous les revenus issus de sa commercialisation depuis sa fabrication restent au pays. Par contre, la majeure partie des revenus d’un produit étranger prend la direction de son pays d’origine où il sert à payer des salaires, des taxes à l’Etat, des marges bénéficiaires aux producteurs. Une petite partie seulement est encaissée par la douane béninoise. Si l’argent n’est pas dans les caisses de la douane, il se trouve forcément à l’intérieur du pays, dans les poches des citoyens qui s’en servent pour d’autres besoins. Aux gouvernants de trouver les mécanismes de
rentabiliser ce potentiel sans le faire passer par la douane.

C’est le lieu de s’interroger sur les habitudes de riches qui s’observe dans un pays comme le Bénin supposé être parmi les plus pauvres de la planète. Le constat qui se dégage de l’extraversion de notre économie est que les pauvres Béninois refusent de travailler et sont capables de payer des travailleurs de pays plus riches rien que pour leur consommation. En consommant du poulet "karatéka" (poulet congelé), le paysan de Avrankou contribue à payer le salaire de l’ouvrier d’une firme de production en Europe ou dans un pays beaucoup plus riche que le Bénin. Tout ceci n’aurait pas été possible si la douane béninoise n’a pas été formatée à cet effet. La baisse à la douane ne devrait pas s’expliquer uniquement par une quelconque perturbation sur les produits en transit sur le Nigeria surtout que les produits en transit ne contribuent que négligemment dans les recettes douanières. Peut-être la traduction d’une rupture véritable au niveau économique avec un rééquilibrage entre exportations et importations. De la douane au service de l’étranger à une douane au service du Bénin ???

Nous devrions tous être des Valentin AGON !!!

Par Arimi Choubadé
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