Savalou et Ouidah complètement "découpées"...

mercredi 22 juin 2016 par Arimi Choubadé

Ouidah grogne, Savalou à la dérive. Tout cela du fait du découpage territorial mis en route puis mis en veilleuse depuis plusieurs années. Le compétiteur-né a décidé de passer à l’acte là où ses prédécesseurs ont rusé tout au long du règne pour finir par esquiver la patate chaude. Sauf cataclysme, ni Ouidah ni Savalou ne sera chef-lieu du département. Les scènes de rue qui découlent de l’opération font littéralement basculer le Bénin, encensé de toute part pour la prétendue maturité de ses populations à l’occasion des élections présidentielles il y a à peine quelques mois, dans une animalité indescriptible notamment à Savalou théâtre de vandalisme, de petite délinquance et de défiance de l’autorité. Fort de sa légitimité fraîchement acquise, le président Talon ne risque pas vraiment gros dans ce dossier. De l’avis de tous, les esbroufes ne devraient pas durer trop longtemps. D’abord parce que Ouidah a préféré faire le dos rond ruminant sa désolation sous une pudeur à peine contenue. Quant à Savalou, il n’a manifestement pas les moyens de se rebeller encore moins de claquer les portes de la République.

En dehors d’être bruyantes, intempestives et exubérantes, ces contestations paraissent bien futiles et improductives. Elles mettent néanmoins en exergue une incurie générale aux allures d’un désert de compétences où les Béninois ne parviennent plus à trouver la moindre solution au moindre problème qui se pose à eux. L’érection d’un chef-lieu ne saurait être une déclaration de guerre encore moins un motif de violente belligérance. Nigérians, Burkinabé, nigériens et même togolais mordent tous les jours dans le territoire béninois sans que cela ne suscite ne serait-ce qu’un semblant de levée de bouclier chez les citoyens. Le Bénin a perdu son épique combat sur sa paternité sur l’île de Lété dans une indifférence presque générale. C’est pour quelques bâtiments administratifs, nominations ou strapontins que le macadam est pris d’assaut par des énergumènes de tout acabit, trop heureux de défier les symboles de l’Etat en toute impunité et sous le fallacieux prétexte d’être originaire d’une localité.

Ouidah, comme Savalou ont certainement des raisons d’être frustré. C’est un combat qu’ils perdent ainsi face à des rivaux, pour l’honneur certes, mais revers quand même. Reste à savoir si après les actes d’incivisme, de protestation et de colère, il peut y avoir une place pour des perspectives moins conflictuelles. Il est toujours possible de tirer toutes les conséquences politiques, sociales, économiques et culturelles de la désignation d’un chef-lieu : une préfecture et une résidence du préfet à construire, un préfet, un Secrétaire général de préfecture et des directeurs centraux à nommer, et éventuellement des dotations budgétaires supplémentaires. Rien n’empêche un gentlemen agrément (accord non écrit) destiné à partager les éventuelles opportunités entre les différentes localités en conflit. Dans les Collines par exemple, la préfecture à Dassa, la résidence du préfet à Savalou (30 km de bitume entre les deux villes), le préfet originaire de Savè, le Secrétaire général de préfecture originaire de Ouessè et les autres avantages répartis entre toutes les communes concernées. Pareil dans l’Atlantique et dans les autres départements. La désignation de chefs-lieux de départements ne devrait pas rimer avec la construction de murs infranchissables entre ethnies, entre clans ou entre villes.

Visiblement l’hypocrisie légendaire des pouvoirs publics béninois laisse encore de la place à la chienlit dans cette affaire. En effet, le processus de désignation des chefs-lieux n’offre aucune garantie et aucune sécurité pour les localités actuellement désignées. Tout repose sur de frêles décrets que peut remettre en cause n’importe quel régime. Le fait de ne pas l’insérer dans un projet législatif plus strict prédestine le découpage territorial à figurer en bonne place dans les prochaines joutes électorales. Ce serait étonnant que la politicaillerie ambiante ne souffle pas davantage sur ces agitations jusqu’aux prochaines législatives, municipales voire présidentielles. Une polémique supplémentaire pour le débat public. Un mot cependant aux anarcho-gauchistes du découpage territorial :

Ne brûlez plus vos villes déjà sales, insalubres et archaïques !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1542-savalou-et-ouidah-completement.html

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