Reconnaissance "officielle" pour les "gayman" ???

lundi 11 juillet 2016 par Arimi Choubadé

Il leur faut bien une destination, à tous ces dizaines de milliers de recalés aux différents examens de 2016. Garder un nombre consistant d’entre eux encore en milieu scolaire retourne désormais au miracle puisque l’hécatombe n’a lieu qu’à des fins de cycles (Cm2, troisième puis en terminale). Les classes intermédiaires, quant à elles, sans présager du cataclysme à venir, avaient normalement connu leurs flux réguliers de passage. Pour tous les chefs d’établissement, la gestion des classes d’examen à la rentrée 2016-2017 s’avère d’ores et déjà complexe. Au pléthore des effectifs devraient s’ajouter le traumatisme général de l’échec massif imprévisible, l’absence de motivation de part et d’autre, l’anxiété. Tout cela ouvre finalement la porte à une autre filière très concurrente de l’école depuis ces dernières années, très active à l’échelle de tout le pays ; à savoir les cyber-cafés. Une salle avec des ordinateurs munis d’accès internet suffit pour attirer tous les rejetons de l’école classique. Ici pas de besoin de cours contraignants, de contributions scolaires, d’autorisation parentale, d’emmerdements de professeurs ou de rigueur académique. Une destination de prédilection à tous ceux qui visiblement ne reprendraient le chemin de l’école après le clash retentissant aux différents examens scolaires.

Tous les experts en échec scolaire à grande échelle qui n’auraient pas inscrit sur leur calepin la sociologie actuelle de la cybercriminalité au Bénin seraient vraiment passés à côté du sujet. C’est plus dans ce phénomène que réside l’aperçu réel du système éducatif béninois que dans les mauvais résultats. L’état des lieux présente distinctement d’un côté des apprenants dociles voire soumis, réceptifs à tout ce que débitent les enseignants formés à l’ancienne. De l’autre, les révoltés de ces programmes rétrogrades basés exclusivement sur des ouvrages d’un autre siècle. Cette dernière catégorie d’apprenants en rupture de banc d’avec l’école conventionnelle s’est très vite rendue compte de comment on pouvait gagner de l’argent et de la connaissance assez rapidement à l’aide de l’Internet. D’où l’opposition entre l’école et sa grammaire quasi robotisante de génération en génération voire abrutissante et l’Internet qui offre une ouverture sur le savoir universel. Suivant le système éducatif béninois donc, quelles que soient vos connaissances par ailleurs, vous ne valez presque rien si vos connaissances en grammaire française ne satisfont pas les enseignants. En clair, l’école au Bénin semble en conflit direct et ouvert avec l’Internet. Être intelligent au Bénin c’est parler le français comme le parlait Voltaire ou Victor Hugo.

Les autres impertinents, par contre, très portés sur les applications informatiques et leur accessibilité sur le monde n’avaient pas du temps à perdre en se gavant de grammaire à longueur de journée. A partir d’un ordinateur et sans bourse déliée les voilà devenus très connaisseurs en finances, en négoce douanière, en connaissements de marchandises, en transit, en business tout court. Du coup, les petits malins qui osent confronter les enseignements déphasés reçus en classe avec la fraîcheur des sites virtuels actualisés deviennent des bannis. En rejetant l’Internet, le système éducatif renvoie cet outil de développement en cours de domestication partout dans le monde dans les bras de l’informel voire de la perversion. Conséquence, les jeunes qui maîtrisent cet impressionnant outil de modernité sont plus sollicités par les criminels, les escrocs, les arnaqueurs que par des enseignants, des chercheurs ou des gouvernants.

Imaginez le sarcasme des célébrissimes gayman en accueillant leurs anciens copains de classe qui idolâtraient presque leurs instituteurs et leurs professeurs. Les mauvais résultats apparaissent comme une récompense en monnaie de singe à tous les recalés malgré leur attachement à l’enseignement grammarisé à l’extrême. Il est donc à redouter une probable revanche des nouveaux adhérents gayman. Certains les voient déjà revenir harceler leurs autres camarades encore retenus dans les liens de la servilité intellectuelle dès leurs premières recettes de cybercriminalité. En multipliant les rondes de motos neuves, de carrosses aux abords des écoles, les dragues, la consommation de drogue, d’alcool, de sexe ; la perspective fait déjà froid dans le dos. Il en serait ainsi tant que seuls les soumis à la grammaire française seront admis dans les salles de classe pendant que les esprits libres ouverts sur le monde seront en divagation dans les rues. En entendant, rien ne peut arrêter la ruée imminente vers les cyber-cafés. Il faut bien s’occuper de nombreux rejetés par l’école.

Bienvenue aux nouveaux cybercriminels !!!

Par Arimi Choubadé
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