A quand le recouvrement de l’argent volé ???

vendredi 29 juillet 2016 par Arimi Choubadé

Les audits et les dénonciations c’est bien, mais le retour de l’argent volé au trésor c’est mieux. Les délations se succèdent au sujet du pillage des deniers publics par le régime Yayi. Pour l’heure tout se joue dans les médias : audits accablants, accusations publiques, procès d’intention, déballages intempestifs, menaces à peines voilées. Rien de bien décisif pour faire rendre gorge aux mis en cause. À peine si certains d’entre eux ne contre-attaquent pas, toujours par médias interposés dénonçant une cabale ou des campagnes de dénigrement à leur encontre. Pendant ce temps la diffusion, par des canaux officiels ou non, des actes effarants de kleptomanie sur les ressources publiques se succèdent. Impossible de suivre, le mercredi, un conseil des ministres, sans que ne soit évoqué les dérives de la gestion Yinwè. Un rituel qui étale régulièrement sur la place publique des détails insoutenables sur la dette intérieure stratosphérique, les contrats de complaisance, les marchés publics dolosifs.

Mais les rupturiens savent mieux que quiconque que le bal des délations ne règle point le quotidien de leurs concitoyens. À côté du Bénin, l’équipe de Bouari ne s’est pas contenté des vindictes médiatiques béates ; elle a entrepris une approche plus pragmatique face aux voleurs de la République sous le régime qui l’a précédé, celui de Goodluck Jonathan. Grâce à une stratégie subtile de persuasion, la nouvelle équipe a déjà fait rapatrier au pays plusieurs millions autrefois cachés dans des paradis fiscaux, sans tambours ni trompettes. Les rupturiens pourraient donc explorer les voies et moyens visant à faire revenir dans les caisses du trésor public les rapines amassées sous l’ancien système sur le dos du peuple laborieux. Les délations permettent certes d’entretenir l’émotion populaire et la presse à sensation mais n’augmentent pas le nombre de bistouris dans les blocs opératoires, d’enseignants dans les salles de classes, de lampadaires dans les rues ou de magistrats dans les tribunaux.

Et puis, les émotions, les Béninois en sont blasés. Depuis les gendarmes radiés pour avoir perçu 200 Fcfa auprès des usagers de la route sous la révolution aux révélations de détournements massifs des recettes d’escorte de véhicule d’occasion en passant par le pillage des anciennes banques d’Etat (BCB, Bbd, Cnca), le détournement de l’argent de forage de puits d’eau, les dossiers dénoncés sur les chaînes de télévision par le Fonac de Jean-Baptiste Elias. Les révélations passent sans incident notable sur le trésor public. A quelques rares occasions, des voleurs de la République ont pu rendre gorge sans qu’on ne puisse évaluer ce que cela a rapporté aux caisses de l’Etat. Le régime Soglo a fait juger et incarcérer l’ancien marabout d’Etat, Amadou Cissé (10 ans de prison) et complices (Barnabé Bidouzo, Ramanou Amoussa, Hospice Antonio et consorts) pour leur participation à la banqueroute généralisée de la dictature militaro marxiste. Le régime Kerekou a pris sa part de salubrité avec le jugement et la condamnation de plusieurs agents de l’appareil judiciaire dont des magistrats trempés dans la fameuse affaire de frais de justice criminelle. A chaque fois, les mis en cause acceptent un séjour carcéral douillet avec l’espoir de retrouver leurs faramineux butins à la fin des années de privation de liberté.

Vivement le procès des prédateurs de la République, l’application des dispositions de la législation anti corruption, la fin de l’impunité et tout le reste de la panoplie de moralisation de la gouvernance publique. Mais que l’argent volé revienne à coup sûr pour servir l’effort de redressement. La publication des noms de détourneurs, des conclusions d’audits ou de dossiers de corruption ne sauraient servir à grand-chose si cela ne s’accompagne d’une politique visant à amener les mis en cause à renflouer nos régies financières. Le bandit à col blanc repenti qui opte pour la restitution de sa rapine au profit du peuple spolié mérite plus la reconnaissance de la nation que le condamné emprisonné, dénigré dans les médias qui préfère garder les fruits de son forfait dans les comptes bancaires en Suisse jusqu’à sa libération.

Le sincère repenti ou le calvaire du pêcheur ????

Par Arimi Choubadé
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