Comment arrêter les conflits au Bénin ???

vendredi 12 août 2016 par Arimi Choubadé

Dire qu’il existe un truc dans le pays dénommé Médiateur de la République, chasse gardée du 3ème âge, plus préoccupé par sa propre fin de cycle que par la construction d’un futur avec moins de conflits. Jamais le pays n’a été autant secoué par les incompréhensions, les extrémismes et les intolérances. Universités, fédérations sportives, administrations publiques, confréries religieuses, chefferies traditionnelles, acteurs portuaires, diaspora, médias, personnel militaire et paramilitaire, presque toutes les strates de la gouvernance publique se retrouvent prises dans des turbulences chroniques. Tout le Benin est ainsi érigé en une grosse industrie de fabrication des conflits. Dans certains cas, les protagonistes ne se contentent plus de joutes mandibulaires musclées comme dans le passé. Les gars n’hésitent plus à se jauger désormais à l’aune de confrontations physiques parfois sanglantes comme cela s’est observé sur des lieux de culte, des terrains de sports, des campus universitaires ou carrément dans de spectaculaires manifestations de rue.

Curieusement, les Béninois ne se découvrent des talents de combattants que pour des enjeux internes, entre eux. C’est rarissime de les voir croiser le fer avec des intérêts étrangers. Les tiraillements n’ont généralement lieu qu’entre compatriotes parfois à l’extérieur du pays au risque parfois de s’offrir en spectacle dégradant sur la scène internationale. Noureni Tidjani Serpos a manqué de diriger l’UNESCO plus à cause des crocs en jambe de ses propres compatriotes que par une quelconque difficulté à séduire les délégués des autres pays membres. Dorothée Kindé Gazard alors ministre de la Santé de Yayi a perdu de peu la direction régionale Afrique de l’Oms parce que la mobilisation nationale lui a cruellement fait défaut. Ne parlons pas de toutes les intrigues nationales appelant ouvertement à un échec de la promotion du général Fernand Amoussou autrefois chef des forces de l’ONU stationnées en Côte d’Ivoire de la part de ses propres frères d’arme béninois soutenus par le gouvernement Yayi. Progressivement, le pays s’installe dans une généralisation des conflits inter-Béninois qui ne connaît plus de répit, de limite ou d’interdit. Tous les symboles de la République ont été investis par la polémique, la corruption, le discours intolérant et l’arrogance.

A voir les intransigeances manifestes autour de chacun des conflits en pleine éclosion on se demande si l’appartenance à la nation commune a encore une signification. La crise universitaire par exemple donne l’air d’un affrontement en quitte ou double où aucune conciliation n’est possible. La moindre satisfaction pour les étudiants peut prendre des allures d’une humiliation pour leurs vis-à-vis de l’équipe rectorale. Idem à la fédération béninoise de football où le moindre avantage pour un camp devient un insupportable désaveu pour l’autre. Aucun arrangement n’est en mesure de conférer à tous la fierté d’une vie en symbiose entre fils d’une même nation. Ainsi, n’importe quelle petite divergence devient rapidement une posture belliqueuse insurmontable. Personne n’a oublié les interminables conciliabules autour de la crise au sein de l’église protestante méthodiste avant l’ultime bouffée précaire suite à la récente intervention du président Patrice Talon.

Les secousses récurrentes au sein de la société béninoise donnent une illustration parfaite de ce que l’absence de guerre ne signifie aucunement la paix. En effet, la quiétude relative que connaît le pays ne veut pas dire grand-chose pour les victimes innocentes des concours annulés, les recalés aux différents examens, les exclus des universités, les exclus de la mangeoire nationale face aux quelques privilégiés de la République. Ce n’est donc pas assez de faire observer l’alternance au pouvoir, le fonctionnement plus ou moins régulier des institutions républicaines, ou de tenir les élections. L’absence de prisonniers politiques, de journalistes emprisonnés ou de conflits armés n’ont jamais pu réussir à amorcer la dynamique de développement attendue depuis plusieurs générations. Il reste visiblement aux Béninois à réaliser un exploit à savoir la maîtrise de la gestion des conflits entre compatriotes, quels qu’ils soient. Ne me parlez surtout pas de l’expérience de la médiature ; un monumental gâchis.

Le pire est dans chaque tension !!!

Par Arimi Choubadé
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