Le miracle de la dictée retrouvée ???

lundi 26 septembre 2016 par Arimi Choubadé

Comme au bon vieux temps de la dictée vertueuse ! Époque où les activités pédagogiques de la journée commençaient et /ou finissaient immanquablement par le mythique test de grammaire, d’orthographe, de conjugaison, bref, le culte de la maitrise de la langue française. Pour espérer réussir son cursus scolaire, chaque jeune élève devrait scrupuleusement observer deux religions : celle spirituelle généralement héritée des parents et celle de la connaissance de la langue du maitre. La suppression de la dictée obligatoire a d’ailleurs permis de se rendre compte de l’ampleur de cette quasi-institution sur les consciences. La vieille garde intellectuello-politique n’avait eu de cesse d’attribuer les déboires répétés de l’enseignement à ce crime de lèse-dictée. Elle vient donc de remporter son combat en obtenant du gouvernement la réintroduction de la dictée-reine dans un cursus scolaire sous traumatisme des échecs collectifs et massifs de l’année académique 2015-2016.

Il ne viendrait à l’idée de personne de contester les efforts visant à l’amélioration de la connaissance de la langue nationale d’enseignement. Mais cela n’occulte pas la responsabilité des générations « dictée-zéro-faute » dans le non développement du Bénin. Si le pays accuse actuellement un retard aussi criard sur les autres, en maints domaines, aucune part n’incombe aux apprenants n’ayant pas connu la dictée-questions. Le choix des nouveaux programmes a été fait par ceux qui se prévalent d’avoir subi les meilleures formations. D’où l’autre interrogation à propos de ces produits du quartier dit latin de l’Afrique ayant conduit leur pays à un aussi pathétique « désert de compétence », un carrefour de la corruption, la négation des valeurs et l’immobilisme intellectuel. Qu’on ne se trompe donc pas sur les vrais acteurs du désastre ambiant. C’est bel et bien la génération « dictée-zéro-faute » qui avait engendré l’enfant malade de l’Afrique dont le sport national était les coups d’Etat et les intrigues rétrogrades au sommet de l’Etat.

Si la dictée était si vertueuse, elle n’aurait pas charrié tous ces « intellectuels tarés » que méprisait l’ancien chef de l’Etat Mathieu Kérékou. Ils avaient été les ouvriers actifs de la dictature marxiste léniniste, de l’école nouvelle et bien sûr de la suppression de la dictée obligatoire dans les nouveaux programmes d’enseignement. En d’autres termes, les nuisances présumées de la jeune génération ne sont que potentielles jusque là. A peine si elle n’est pas victime expiatoire de toutes les options infructueuses et inopérantes de ceux qui continuent de se prévaloir des vertus de l’épopée coloniale. Eh oui ! Au quartier dit latin de l’Afrique, inventeur des conférences nationales, de la démocratie apaisée et berceau du vaudou, la seule bonne référence demeure l’époque du colon.

Le retour de la dictée ne saurait se satisfaire de l’économie d’un débat sur les options de développement au Bénin. Impossible de continuer à faire croire que l’intelligence est liée à la maitrise de la grammaire française. A l’heure du tout numérique point n’est besoin d’être un expert en dictée-questions avant de maitriser le business ou les transferts d’argent par la téléphonie mobile. La fidélité cléricale à l’héritage colonial ne se justifie plus : la monnaie du colon (cfa), la langue du colon, les livres du colon, l’enseignement colonial. Toutes les autres nations en progression prouvent tous les jours que le meilleur enseignement demeure celui lié à la vie et surtout à l’environnement immédiat. Les étudiants béninois ont plus besoin de facultés spécialisées sur les opportunités et les potentialités du fleuve Ouémé, de la chaine montagneuse de l’Atacora, des collines du centre ou du numérique que des poèmes de Baudelaire ou de Victor Hugo. La spécificité d’être Béninois doit avoir aussi un sens.

« Nos ancêtres n’ont jamais été des gaulois » !!!

Par Arimi Choubadé
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