Sacrifiés aux examens puis oubliés !!!

vendredi 30 septembre 2016 par Arimi Choubadé

Ils sont des milliers recalés au Bac, davantage au Bepc, davantage encore au Cep. Il y a à peine quelques semaines, tous les analystes leur consacraient d’interminables bavardages par plateaux médias interposés. En gros, l’opinion était entretenue sur le supposé vrai niveau des apprenants enfin à découvert ; découverte qui devrait ouvrir la voie à des lendemains meilleurs. Plus jamais donc ces échecs massifs d’autant plus que la vérité venait d’éclater au grand jour pour donner lieu à des actions conséquentes. Nous voici à la nouvelle rentrée sans aucun signe de vie des mêmes activistes qui s’égosillaient à légitimer le sacrifice des petits enfants il y a peu. Pourtant, il y a des choses à raconter à une opinion publique qui a soif de connaitre le nombre d’enfants déclarés échoués au Cep mais qui ne reprennent plus le chemin de l’école et qui peut-être s’en trouvent déscolarisés à vie. Ce serait également intéressant que les responsables d’établissements scolaires expliquent comment ils parviennent à faire une gestion croisée des échoués du Cep et des passants au Cm2.

De multiples interrogations demeurent en suspens et pourtant le débat autour de l’éducation en cette rentrée 2016-2017 se focalise plutôt sur la prétendue carte universitaire. Une querelle politicienne qui n’a aucun impact sur la problématique des échecs massifs aux examens encore moins sur la morne des parents d’enfants totalement désemparés. Quelques rescapés seulement du naufrage reprennent les chemins de salles de classe délabrées ; avec des murs dénudés pour les rares écoles disposant d’une clôture ; des meubles branlants ; sans électricité et sans eau courante ; avec des enseignants démotivés. Personne pour poser sur la table le sujet des conditions de reprise des cours. Peut-être quelques arrangements catégoriels avec les enseignants. Comme si les goulots d’étranglement de l’enseignement sont exclusivement liés à des acquis sociaux pour fonctionnaires.

Tout est fait comme s’il suffisait d’arracher des statuts d’universités pour le compte de certaines communes pour sauver toute l’école béninoise dont l’agonie est pourtant connue de tout le monde. C’est le lieu de se demander ce qui peut empêcher qu’aux prochains examens les résultats ne flirtent avec les 80% de taux d’échec et que les petits enfants ne grossissent pas davantage le peloton des migrants utilisés dans les plantations au Nigéria, au Cameroun ou au Gabon. Le Bénin ne peut continuer à être cette terre où il n’existerait aucune solution à aucun problème. Cette terre où les débats de diversion l’emportent sur l’édification de la cité dans la durée. En témoigne les passions qui se déchainent autour de la nouvelle carte universitaire au détriment de l’avenir des dizaines de milliers d’enfants arrachés à une école qui leur refuse des diplômes presque inutiles.

Ah oui ! J’oubliais la perspective d’un retour de la dictée comme mesure fard de la renaissance de l’enseignement. Possible que cette trouvaille puisse produire des effets sur la connaissance de la langue du colon qui demeure si chère à l’establishment. Mais cela ne prend pas en compte les nombreuses victimes des échecs promises visiblement à l’oubli et à l’indifférence de tous. Or les recalés éjectés du circuit scolaire ne sont pas morts. Ils vivent encore et continuent d’aspirer à prendre leur part au sein de la société nationale. Il est donc exclu d’envisager la construction de la nation sans eux. Il vaut donc mieux penser à les intégrer maintenant dans la réflexion commune plutôt que d’être rattrapé plus tard par cette regrettable omission.

Ils quittent l’école béninoise ne veut pas dire qu’ils quittent le Bénin !!!

Par Arimi Choubadé
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