La liberté, c’est vraiment du "vent"

lundi 17 octobre 2016 par Arimi Choubadé

Quiconque tente de l’apprivoiser l’apprendra à ses dépens ! L’expression imagée du ministre de la Justice, Joseph Djogbénou ne devrait souffrir d’aucune ambigüité lorsqu’on l’analyse sans fioriture. Comme le vent, la liberté est accessible à tous les citoyens, sans qu’aucun pouvoir ne puisse la domestiquer en sa faveur ou à sa convenance. Toute considération qui en rajoute donc à la délicatesse de la décision gouvernementale suspendant les activés des associations estudiantines sur les sites universitaires du pays. En cela, le garde des sceaux sait que la liberté d’association est du domaine de la loi et ne saurait être restreinte voire modulée par un décret pris en conseil des ministres. Ce qui explique d’ailleurs l’option d’une suspension à plusieurs vitesses interdisant les activités (et non les associations) exclusivement sur les campus. Problème : le vent ne se régule pas.

On présume que les auteurs ou instigateurs de cette mesure entrevoient déjà les risques éventuels de pourrissement dans un milieu estudiantin très délétère depuis plusieurs mois. En effet, troubles et campus ont toujours cohabité à des degrés divers, suivant les générations et les défis du moment. Les révolutionnaires avaient cru bien faire en comprimant l’exercice de ces libertés avec ses conséquences de radicalisation, de sabotage voire d’agression tous azimuts sur les supposés suppôts du régime. Suite aux suspensions d’activités annoncées, plus personne n’est désormais responsable d’éventuels actes délictueux sur les campus. Le gouvernement se prive d’office d’interlocuteurs représentatifs dans sa quête de quiétude et de retour au calme en ces lieux.

La difficulté aujourd’hui est de trouver le moyen de se coller au principe de l’impossibilité de dompter la liberté. Certains rupturiens se savent très liés aux étudiants, aux syndicalistes et autres combattants de la liberté ; ceux aux cotés de qui ils ont rougi des mercredis (mercredis rouges) à telle enseigne que Yinwè en avait le sommeil agité au point de l’empêcher de faire prospérer son projet de révision opportuniste de la constitution. Le même combat de lutte contre l’autocratie dont les adeptes se relayaient sur l’esplanade du palais des gouverneurs de Porto-Novo afin de faire échec à la tentative de privation de liberté aux magistrats. Des grands moments de démocratie qui auraient fait le lit à l’avènement de la rupture.

Il apparait donc clairement que le régime doit faire attention à sa frange d’adhérents encombrants. Ceux qui ont profité du naufrage collectif de la refondation pour quitter le navire et se rallier à la nouvelle barque. L’actuel système ne devrait se méfier jamais assez de ceux qui sont tapis en son sein mais qui avait travaillé précédemment à faire interdire le droit de grève aux paramilitaires ; les mêmes qui ont ouvertement milité en vain pour le retrait de ce droit de grève aux magistrats ; ils ont fait foiré la tentative de faire traduire devant les tribunaux, le dossier de l’argent de l’eau disparu ; ils ont failli faire basculer le perchoir du parlement dans le giron de l’imposture. On les revoit se précipiter pour encourager le gouvernement dans une guerre d’usure avec étudiants et syndicats.

De ceux-là il faut se méfier comme étant les causes qui ont fait dérailler l’autre…

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1571-la-liberte-c-est-vraiment-du-vent.html

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