Affermage des hôpitaux ou pas, ce sont des hommes qui soignent d’autres hommes !!!

vendredi 28 octobre 2016 par Arimi Choubadé

La santé ne pouvait échapper à la rupture. Le choix a finalement été porté sur les opérateurs privés pour impulser les réformes dans les hôpitaux de zone. A travers une démarche expérimentale sur 3 centres hospitaliers. Prudente démarche à la recherche du meilleur filon pour ce secteur en proie à une agonie prolongée et persistante. De quoi donner du temps à chaque acteur pour apprécier la justesse ou non de cette mesure d’affermage dès les prochains mois. Plus qu’une réforme, il s’agit carrément d’une révolution avec l’introduction du capital privé dans la santé des populations jusqu’en rase campagne. Désormais c’est le rapport qualité-prix qui soigne comme sur un marché de profit contrairement à l’ancienne posture de l’assistanat collectif du citoyen en attente d’une imaginaire générosité de l’Etat généreux (jacobin). Reste à savoir comment infirmiers et médecins pourraient s’adapter à la nouvelle donne tout en maintenant leurs célébrissimes réseaux de corruption longtemps décriés par les usagers patients.

Le Bénin de la corruption en effet c’est évidemment le milieu sanitaire marqué, entre autres, par des fonctionnaires soignants exerçant en clientèle privée ; les ordonnances fantaisistes ; les détournements de subventions ; l’incompétence l’escroquerie, le vol, la prostitution…L’intérêt du public se rapporte justement sur le devenir de cette mafia autour de la santé des populations dans les centres hospitaliers concernés. Il n’aurait échappé à aucun Béninois que la plupart des centres sanitaires publics sont paralysés par une de ces grèves sauvages pendant que le gouvernement décrète l’affermage expérimental sur des hôpitaux de zone. Surtout que la nouvelle option de gestion de ces établissements publics ne renseigne pas suffisamment sur le futur statut des agents. On n’en sait pas davantage sur le pouvoir de nuisance des agitateurs sociaux déclencheurs de mouvements d’humeur tous azimuts. Rien ne filtre à propos du sort à réserver aux grèves sauvages parfois sans service minimum ; aux chantages sur le pouvoir politique ; au clientélisme mercantile ; aux recrutements fantaisistes. Surtout si les travailleurs des centres sous affermage devraient demeurer des agents de l’Etat.

Dans la pratique, les hôpitaux publics n’ont jamais manqué de ressources financières qu’elles soient publiques ou privées. Et pourtant les hommes qui soignent ont toujours persisté dans les travers décriés par les patients, les parents de malades, l’Etat-employeur voire les partenaires au développement. Sans oublier le dérèglement généralisé dans tout le secteur y compris les centres privés. Il est donc inimaginable d’envisager une réforme judicieuse en la matière sans que le chantier principal ne porte sur l’homme qui soigne. Savoir qui il est, comment il est formé, à quelle distance se trouve son domicile par rapport à son lieu de travail, dans quel environnement vit son ménage etc…devient un enjeu. Les plus anciens se souviennent certainement de tout le soin que mettait le colon à doter chaque établissement sanitaire de son foyer de résidence où vivait tout le personnel.

La question se pose de savoir si les hôpitaux sous affermage feraient mieux que les autres si la grande majorité du personnel continue de subir les caprices de propriétaires véreux, les embouteillages monstrueux des grandes agglomérations urbaines, le casse-tête de la scolarisation de la progéniture, bref, les aléas de la vie moderne en général. Peut-être pourrait-on essayer de minorer les actes de corruption en réintroduisant la pratique des cités de médecins et d’infirmiers. Des enclos dotés de toutes les commodités d’une vie décente (logements, écoles, boutiques, aires de loisirs) ; de quoi éviter à l’employeur (privé ou public) d’engloutir beaucoup d’argent dans les indemnités de transport et de logement souvent à l’origine des conflits sociaux. Les patients pourraient avoir des agents opérationnels en tout temps dès que ces derniers ne seraient plus éparpillés un peu partout sur le territoire national.

Grosso modo, que dit le partenariat public-privé de l’homme qui soigne ???

Par Arimi Choubadé
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