Nous ne sommes pas tous des criminels au Bénin !!!

lundi 31 octobre 2016 par Arimi Choubadé

Déclarations tous azimuts, activisme, saga judiciaire rocambolesque, réseaux sociaux en buzz, psychose générale ; encore une énième criminalisation de l’actualité politique béninoise. Cette fois-ci, l’œil du cyclone n’est rien d’autre que celui qui est arrivé 3ème de la présidentielle de 2016, plus de 23% des suffrages exprimés à quelques centaines de voix seulement du vainqueur à l’issue du 2nd tour. Ainsi, celui qui a failli devenir le président de la République du Bénin s’est fait embarquer, pour plusieurs jours, dans une brigade de gendarmerie de Cotonou pour une affaire de drogue. Lieu où on ne devrait jamais retrouver un porteur de projet de société pour une République digne de ce nom. L’entaille est abyssale dans le blason d’une nation en quête d’identité et de repères. Comme une sorte de liquidation systématique de tout ce qui pouvait encore incarner des valeurs en une période où les incantations politico-médiatiques surfent invariablement sur le mot : RUPTURE.

Au-delà de l’épilogue juridico-politique, le mal est déjà là, hideux. L’image du Bénin pourrait péniblement en guérir un jour peut-être. Il va falloir expliquer aujourd’hui et demain à nos enfants et à nos petits enfants comment une personnalité de la trempe de Sébastien Adjavon s’est vu épingler comme un vulgaire trafiquant de poudre blanche, lui, le plus grand allié politique du chef de l’Etat compte tenu de son apport à son élection en mars 2016 ; lui, président du patronat du Bénin ; encore lui, le plus grand contributeur du trésor public. De quoi entacher durablement tous les symboles de la République. Le fait qu’il soit reconnu coupable ou non n’aurait rien changé à la monstruosité de l’affaire. Le Bénin dans toute sa laideur s’offre en spectacle au reste du monde à travers l’une de ses innombrables affaires d’Etat sur fond de crime et de passions malsaines. Et pourtant, il s’agit de la terre du vaudou, de fifa (la paix), des lutteurs comme Béhanzin, Bio Guerra et d’humanistes planétaires comme Djimon Oussou ou Angélique Kidjo.

Ce qui se comprend le moins, c’est justement cette déferlante ordurière dans le débat autour de cette affaire. Les réseaux sociaux (encore eux), les causeries et même des médias classiques charrient une telle violence verbale et virtuelle sur le sujet qu’on se demande s’il s’agit encore de ce Bénin, havre de paix, de tolérance, où le consensus nationale a été érigé en norme constitutionnelle. Les échanges puisent au plus tréfonds des abjections avec pour sujets principaux Sébastien Adjavon et Patrice Talon. Monsieur tout le monde a décidé de mettre les deux en belligérance sans qu’on ne comprenne réellement ce qui pouvait les opposer. A croire que le sommet de l’Etat serait le nid de la négation et des anti-valeurs par excellence. Les analyses empruntent à la gadoue une rhétorique inimaginable qui fait froid dans le dos alors qu’il s’agit bien des fils d’un même pays ; de gens qui drainent de milliers de sympathisants, de proches et de partenaires partout sur l’étendue du territoire national mais également à l’extérieur.

Encore une fois, les avatars de la proximité entre le business et la vie publique. Ces grandes épreuves devraient logiquement ouvrir les portes à l’avènement d’une parade intelligente et républicaine. L’argent en politique doit enfin être régi par une traçabilité légale. Le président Patrice Talon lui-même ne s’est pas privé pendant la campagne électorale de s’offusquer de l’absence d’une législation conséquence à propos du financement des partis. Ce n’est donc pas une offense faite aux commerçants et autres hommes d’affaires lorsqu’on fustige leur intrusion tonitruante sur la scène publique. L’objectif étant d’épargner à ces milliers de jeunes gens de grandir dans cette atmosphère de mélanges des genres dans l’engagement public. Une lueur cependant en plein milieu de cet emballement collectif, c’est la lumineuse inspiration du juriste Serge Prince Agbodjan sur un forum de discussion :
« Ce moment est difficile, très difficile, mais cela passera et notre pays sortira GRAND »…

Par Arimi Choubadé
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