Qui a gagné ? Qui a perdu ???

lundi 7 novembre 2016 par Arimi Choubadé

Une cascade d’infractions sans coupable ! Découverte de 18 kg de cocaïne pure ; substitution de scellés de conteneur dans l’enceinte portuaire ; injures publiques en série ; déclarations tonitruantes à la limite de diffamation ; incitation à la violence ; détention sans notification de garde à vue ; pressions voire offenses à des magistrats dans l’exercice de leur fonction ; troubles à l’ordre public etc…Et personne responsable au bout du rouleau. Tout un pays a été transformé durant une semaine en un vaste champ d’invectives, d’empoignades verbales, d’échauffourées sporadiques et de tension extrême sans qu’aucun coupable ne soit désigné. Le prononcé du verdict de relaxe pure et simple des prévenus a même déclenché un concert d’angélisme sur la justice béninoise depuis le vendredi 04 novembre 2016. Drôle d’exemplarité d’une justice qui laisse en suspens la litanie d’interrogations suscitée par la découverte de cette importante quantité de drogue en cet endroit précis en ce moment là.

Néanmoins, en dehors du couac judiciaire, il y a bien un petit bilan à faire sur cette saga politico-judiciaire. Des gagnants certainement : tous les regards sont automatiquement tournés vers la brochette d’avocats surtout lorsqu’on se réfère à l’épaisseur du portefeuille du ou des clients. Le client principal n’est rien d’autre que le patron du patronat considéré comme l’un des hommes les plus riches du pays et dont l’entreprise se prévaut d’être la plus grande contributrice du trésor public national béninois. Vient ensuite la vague des événementiels opportunistes à savoir médias, activistes sur internet, grogneurs, mobilisateurs de foule et surtout soutiens politique ou de la société civile. Les nombreuses processions aux abords des lieux de détention des prévenus et du tribunal de Cotonou n’ont pu se faire sans bourse déliée dans la plupart des cas. Ne parlons pas des nombreux officiels impliqués et qui pourraient prétendre logiquement à des frais de mission en l’occurrence le procureur, les agents de sécurité publique ainsi que les barbouzes abondamment cités dans le dossiers, les juges délibérants et tous les autres fonctionnaires appelés à intervenir à un moment donné.

Les perdants sont naturellement les prévenus. Pas sûr que la parade des vainqueurs dans les rues de Cotonou au soir du 4 novembre suffit à effacer 8 jours de détention au cours desquels ils sont passés à toutes les émotions depuis la peur extrême à la joie de la libération en passant par les angoisses, les incertitudes, le stress, la gêne parfois, l’inconfort et parfois l’humiliation…A la fin subsiste une grosse tâche d’ombre déguisée sous le vocable de « bénéfice du doute ». La société Cajaf-Common pourrait avoir assez de mal à se laver de cette intrusion à la cocaïne dans son parcours. D’un autre côté le port de Cotonou ne peut s’en sortir heureux dans cette affaire qui révèle comment toutes les manipulations criminelles seraient possibles sur des conteneurs sans la moindre trace des acteurs surtout dans un contexte de concurrence féroce avec d’autres ports de la sous région. Que dire finalement du sentiment révoltant du citoyen qui constate que son Bénin a nourri encore une fois la rubrique des faits divers sulfureux aux senteurs de la maudite poudre blanche ?

Beaucoup susurrent déjà que la légion des crimes jamais élucidés au Bénin vient de s’enrichir d’un nouvel épisode. Peut-être qu’on n’en saura pas davantage sur les protagonistes de cette affaire. A l’instar des dossiers comme ceux de Pierre Dangninvo, Bernadette Agbossou, Christophe Houngbo, le policier Koundé, le gendarme Akpadji, mes doigts en tremblent rien qu’à aligner tous ces noms.

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité !!!

Par Arimi Choubadé
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