Affaire Segub ou procès du K.O. 2011 ???

vendredi 18 novembre 2016 par Arimi Choubadé

Tous surpris le doigt dans la confiture portuaire alimentée par la nébuleuse du commerce des véhicules d’occasion. Spectacle singulier de la file de quelques auxiliaires de la politique devant le procureur de la République près le tribunal de Cotonou ce 16 novembre 2016. Lien commun : tous des suppôts du yayisme dans un passé récent notamment lors des K.O électoraux de 2011. A l’époque, Yayi, au sommet de son art, s’adjugeait un deuxième mandat dès le premier tour de la présidentielle et une majorité mécanique au parlement. Le règne de l’argent d’origine douteuse dans la conquête du pouvoir d’Etat. De quoi récompenser tous les courtisans qui n’étaient pas en mesure de s’offrir des marchés publics gré à gré, ou octroyer des compléments à tous ces mécènes de la refondation acquis aux violations des scellés d’urnes, au pré-estampillage de bulletin de vote, aux parachutages à Tchaourou de matériels électoraux en plein vote et à la pagaille entretenue lors de l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée bâclée.

L’éclatement de l’affaire Segub permet de se faire une idée de comment l’activité politique se faisait financer avec l’argent ramassé au port, en marge du commerce des véhicules d’occasion. La propagande Kérékou était le premier à s’y nourrir à satiété au cours de sa décennie tout aussi rentière pour la plupart de ses soutiens inconditionnels, ceux dont se servait son régime pour détruire les partis politiques traditionnels. A la fin de son règne, il n’a pas hésité à léguer toute la rente à sa propre progéniture à travers Defi emploi jeunes que yayi s’est empressé de virer dès son installation à la Marina. Bien qu’inventeur de la plus grande industrie de corruption de la classe politique grâce au guichet unique, Kérékou a néanmoins réussi à se faire ériger en héros national. Mais c’était juste une partie de la manne puisque la galaxie Kékéréké tout comme celle de Yayi se nourrissait évidemment à d’autres sources : marchés publics fantaisistes, ressources détournées de projets (Ppea), primes démagogiques dans l’administration publique, corruption généralisée.

Au cours donc de ces deux décennies, il fallait de l’argent frais, beaucoup d’argent dans les meetings électoraux, les marches de soutien, les prières de remerciement, l’achat du silence d’une partie de la société civile, la manipulation des journaux et le « mouillage » des membres des institutions. Le procès Segub n’est qu’un coin de voile sur le financement des partis politiques. Le malheur des yayistes vient du fait que le secteur fut informatisé entre temps. Les nouveaux maitres pouvaient interroger les ordinateurs à tout moment pour connaitre avec précision qui a pris quoi et à quelle époque. Le Segub ne pouvait donc échapper à une inquisition rigoureuse contrairement à ce qui se passait auparavant à propos de l’exploitation du guichet unique au port de Cotonou.

Il n’est donc plus un secret pour personne que la classe politique béninoise se nourrit en grande partie à la source de cette corruption généralisée. Les compétitions politiques ne bénéficient toujours d’aucune codification en matière de financement. Les cadres de l’administration publique ont été abondamment utilisés pour servir de piquets de collection de rentes au profit des états-majors. Tant pis pour les autres qui ne parviennent pas à accéder aux régies financières publiques. Tout cela rend l’attente de l’avènement de la législation sur le financement public des partis politique très pénible voire incompréhensible. Normal donc que depuis la prise de pouvoir par les milieux d’affaires, les partis politiques aient perdu toute initiative. La lutte pour le pouvoir semble avoir désormais changé de forme avec l’épaisse ombre qui persiste sur comment se finance l’animation de la vie publique.

C’est la loi sur le financement des partis ou d’autres Ségub !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1580-affaire-segub-ou-proces-du-k-o.html

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