Le crime du numérique selon Adam Boni Tessi ???

mercredi 7 décembre 2016 par Arimi Choubadé

 
Transférer des signaux audio depuis Cotonou jusqu’à Djeffa , à peine 15 km, pour être mis en onde ? Difficile de trouver quelqu’un sur le territoire béninois capable de convaincre Adam Boni Tessi, président de l’institution de régulation des médias qu’une telle pratique ne relève pas de l’anormal. Et que Radio Soleil (entre autres médias locaux) ne mérite pas ce qui lui arrive depuis le 28 novembre 2016 Juste une adaptation aux nouvelles technologies sans aucune dangerosité susceptible d’induire une action aussi énergique : huissiers de justice, scellés, sorties médiatiques d’explication… Le tout enrobé dans des mesures dites conservatoires comme si la nation était en danger. Pourtant, l’information serait disponible depuis plus de deux ans suite à une notification expresse du directeur de la radio sans que sa nocivité n’ait été aussi perceptible aussitôt.
 
En clair, dans l’entendement de Adam Boni Tessi, un studio de production ne doit jamais être déplacé sans que cela ne crée des dommages graves à la démocratie. Suivant cette logique, la sécurité des Béninois serait en péril parce qu’une radio transporte ses productions par internet tout en maintenant l’émetteur au lieu indiqué dans le cahier des charges. Nos amis de BBC ont bien installé des studios de production à Dakar qui diffusent par des émetteurs disposés en Angleterre. Que dire de la généralisation des plateaux instantanés et les directs qui fonctionnent essentiellement sur la base de délocalisation au grand bonheur des consommateurs d’instantanéité médiatique très en vogue actuellement ? Tout cela grâce à la grande avancée technologique. Peut-être que les rédactions des journaux papier subiraient bientôt les courroux du président de la Haac sous prétexte que leurs journalistes désertent les sièges des organes et préfèrent envoyer les articles par email, facebook ou whatsap. Dans les deux cas les journalistes utilisent les mêmes procédés : l’internet c’est-à-dire du numérique en cours de criminalisation par la Haac. Au moment où le monde entier ne jure que par le tout numérique justement.
 
Jusque là, personne n’est parvenu à expliquer la nocivité avérée de la délocalisation. Le phénomène n’induit en effet aucune influence sur les ondes de diffusion. La fréquence de réception de radio soleil n’a jamais été modifiée malgré le changement du lieu des productions. L’émission par voie d’onde a lieu à partir du site de Djeffa et jamais de Cotonou. Aucune autre station ne s’est plainte d’une quelconque interférence. Le citoyen, non plus, ne s’est offusqué d’une quelconque détérioration de la qualité des émissions proposées du fait de cette délocalisation. Au contraire, le régulateur béninois devrait normalement se réjouir que des organes de presse locaux se mettent au pas du numérique et parviennent à innover en la matière. Au lieu de les punir aussi violemment pour avoir introduit de techniques nouvelles de transport des productions. Pour une fois que les nôtres essayent de se mettre à niveau d’une révolution technologique imposée de l’extérieur. 
 
Il parait que l’existence d’éventuelles voies de recours devrait obliger tout le monde à se taire sur les fermetures tous azimuts d’organes de presse. Soit ! Mais les instances internationales n’ont que faire des voltes-faces, des redressements de tort voire des excuses plates du président d’une instance de régulation des médias. Toute fermeture d’organe est considérée comme une atteinte à la libre expression. Pire, des scellées sur une structure de production (et non de diffusion) sont assimilés à une atteinte à la liberté de pensée tout court. 48 heures seulement de fermeture ou de perturbation constituent déjà une tâche indélébile sur les libertés au Bénin au titre de 2016.
 
Ne sanctionnez pas la technologie !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1583-le-crime-du-numerique-selon-adam.html

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