Révisionnistes aguerris face à des amateurs de belles lettres ???

vendredi 10 mars 2017 par Arimi Choubadé

Lui, il est prêt. Sur le point d’envoyer ou de faire envoyer sa vision de la révision constitutionnelle au parlement. Aux dires de son ministre de la Justice chargé des relations avec les institutions l’agenda est déjà défini, les alliés députés seraient tous en phase. Place donc à la dernière ligne droite. En point de mire, le mandat unique dont il en fait un « défi personnel » en tant que chef de l’Etat. En face, par contre, c’est une nébuleuse diffuse, inorganisée, presque tétanisée par l’enjeu. Rien que des proses, de plus en plus virulentes contre la méthode dite du gouvernement. Leur réclame incessante de tenue d’un supposé débat national en rajoute à la confusion des postures. Comme refuge : les réseaux sociaux puis les médias inondés de véritables romans sur fond de dithyrambes, de professions de foi, d’emphases et de grandiloquence destinés à dresser l’opinion contre toute tentative de révision.

De nombreux citoyens éprouvent du mal à percevoir ce qui a pu empêcher les présumés antirévisionnistes à travailler, eux aussi, sur un contre-projet. Depuis décembre 1990 aucun d’eux ne peut prétendre ne pas connaitre les articulations des 160 articles de la loi fondamentale actuelle. Tout le monde connait à peu près les principaux écueils contenus dans le texte et qui constitueraient des entraves à la construction démocratique du Bénin. Chacun, à son niveau est en droit de proposer à la commission des lois du parlement, ou, à défaut, aux élus de sa circonscription électorale législative ses propres appréhensions sur la révision de la constitution. Sans oublier que la commission Djogbénou, installée par le gouvernement à cet effet, a eu recours à plusieurs personnalités représentatives de plusieurs obédiences sociopolitiques.

C’est le lieu pour chaque participant à cette commission Djogbénou de rendre compte de sa démarche personnelle après qu’il ait reçu ses 10 millions Cfa de perdiem. Il y avait des syndicalistes, des magistrats, des acteurs de la société civile, des représentants de partis politiques etc… Ce pactole aurait dû servir à ceux d’entre eux qui le voulaient à disséminer les fruits de leur débat au sein de tout le peuple au lieu d’attendre du gouvernement de s’engager dans la vulgarisation d’un consensus qui n’existe pas encore. En effet, tous les participants ont reconnu que tous les points abordés ne se sont pas soldés par un consensus. Les magistrats devraient normalement se réunir par exemple pour définir leur plateforme contributive sur tous les sujets qui fâchent à savoir l’indépendance de la justice, la fonctionnalité de la Haute cour de justice, la nomination des magistrats, le statut du conseil supérieur de la magistrature… Une plateforme à vulgariser par les intéressés eux-mêmes et à introduire dès survenance de la procédure de révision. Toutes les autres composantes de la nation conviées aux débats au sein de la commission Djogbénou auraient dû procéder à ces restitutions sectorielles ; le niveau de compréhension au sein de l’opinion en serait plus élevé.

A propos du débat national, on a vu Yayi tergiverser durant 10 ans sans savoir comment cela s’organise bien qu’il ne soit pas vraiment blâmable sur la question. Le président Talon ne disait-il pas lors de son interview du 1er aout 2016 qu’il envisageait de convoquer une consultation populaire afin de faire aboutir la révision au plus tard en décembre 2016 ? Il s’en est suivi un tollé général et une rectification de la cour constitutionnelle qui a fort logiquement indiqué que la procédure de la révision de la loi fondamentale est exclusivement constitutionnelle et passe par l’Assemblée nationale. Ce qui est actuellement envisagé, cette fois-ci encore sur fond de conjectures tous azimuts. Et puis demander au gouvernement de vulgariser un document sur lequel il est partisan manque de logique. Les acteurs de la vie publique n’ont certainement pas oublié le précédent de 1990 où le premier ministre d’alors, Nicéphore Soglo ne s’était pas gêné pour prendre fait et cause pour le « Oui blanc » alors que le référendum portait sur 3 aspects. Pendant qu’on y est pourquoi ne pas enfin insérer la procédure de « dialogue national » dans le texte en débat ? Autre détail non moins important, la suppression de la Haac et son remplacement par une instance chargée exclusivement de la régulation des médias de l’audiovisuelle à savoir la HAA amputée de son volet « communication ».

Le débat national a déjà commencé !!!

Par Arimi Choubadé
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