Messe dite

mercredi 21 mai 2008 par Arimi Choubadé

Une verdure bien clairsemée. Aux allures de désert par endroits notamment dans l’Ouémé, le Couffo. Même ce qu’on considère comme la forteresse inviolable de la Donga a perdu une grande partie de sa splendeur verte. L’Atacora, l’Alibori d’autres pré-carrés émergents fissurés par la vague des rebelles. On ne peut passer sous silence l’emblème du 12ème arrondissement de Cotonou, là où le champion du changement pense avoir établi son camp retranché au sein du « Sogloland ». Les vociférations de prétendus sages de l’émergence ; la conquête imaginaire de Sèmè-kpodji, d’Avrankou ou de Porto-novo. Elucubrations qui n’auraient rien changé au cours du destin.

Ni surprise ni miracle. Todjinou et les siens ont juste donné la teinte officielle à ce que tous les électeurs savaient déjà depuis les 20 avril et 1er mai. Une déception cependant pour les propagandistes du palais. Eux qui ont utilisé une thérapie spéciale afin de conjurer d’éventuelles crises de colère de leur idole : l’ingénieuse idée de lui dédier une carte du Bénin ployant sous un déluge de « cauris » du Nord au Sud, juste au lendemain du jour du scrutin.

Et pour parer à l’imminence de la mauvaise nouvelle, il fallait sortir le joker : l’apocalypse d’une fraude généralisée, d’un cataclysme providentiel à la Cena ou de troubles populaires incontrôlables. Ce communiqué incendiaire sur le vaste complot (national et international) contre le chef de l’Etat. Tout le monde aurait vu un Cotonou, totalement placide après les résultats. Avec des scènes de liesses spontanées à Sémè-kpodji justement, à Abomey, à Godomey.

Point n’est besoin d’être un expert en scrutin à la béninoise pour se rendre à l’évidence qu’on est loin des 75% revendiqués à chaque tic propagandiste. Des 60 communes annoncées comme des prises de guerre de Fcbe on est loin d’en dénombrer la moitié. Confiants qu’étaient les nouveaux princes que, les Béninois n’oseraient pas braver les mises en garde et les chantages sur d’éventuelles fermetures du robinet du budget national divulgués comme message principal, message du sommet de l’Etat dans le sillage des visites présidentielles à travers le territoire national.

Beaucoup doivent s’étonner dans les allées de la Marina que le clash n’ait pas lieu. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de poser des embûches à répétition sur le chemin de l’organisation du scrutin. Le roseau a plié sans rompre. Le processus a été achevé dans la douleur certes. Certains avaient pris le pari sur un enlisement sans fin des palabres au sein de la Cena. En témoigne les pamphlets qui fusaient déjà de toute part sur son efficacité et son incompétence régulièrement relayés par les communiqués de la Fcbe-Etat. Il fallait faire oublier l’atavisme dans lequel était tombé le processus électoral béninois. Un désaveu de l’organe chargé de l’organisation du scrutin devrait éclipser l’impopularité d’un régime d’approximation, d’improvisation et de sensationnelle.

Le vote sanction a eu lieu. En attendant la colère du chef…

Sur la population ou sur ceux qui ont flatté le chef dans le sens qu’il affectionnerait ?

Par Arimi Choubadé
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