Jamais un second tour en 2011…

mercredi 28 mai 2008 par Arimi Choubadé

2011 passe forcément par 2008. Les agitations tous azimuts autour des résultats des municipales des 20 avril et 1er mai ont le mérite de la clarté en ce qui concerne les desseins poursuivis. Faire payer à chacune des institutions impliquées dans le processus électoral municipal (Cena, Cour suprême) chaque commune ayant échappé au contrôle de la Fcbe-Etat. En profiter pour envoyer un signal sans équivoque au camp d’en face. Reste un dernier décryptage, capital et déterminant pour la suite des événements.

Pourquoi pensez-vous que les émergents s’accrochent désespérément au score réalisé par leur champion au second tour de 2006 ? Au point d’en oublier qu’on était parti de 35% au premier tour. Et qu’il a fallu un ralliement collectif de la quasi-totalité des autres recalés entre les deux tours pour en arriver aux 75%. Une manière de rappeler à tous qu’il ne saurait y avoir un second prochainement. Yayi doit passer d’un coup sinon… On peut même se passer des élections puisque que le docteur-président est soutenu par son peuple, à en croire les princes du changement.

G4, G13 et compagnie feraient preuve d’une grande naïveté aux prochaines échéances en négligeant les soudards surexcités qui barrent les rues, saccages les arbres à la recherche de branchage, agressent les passants et insultent les opposants depuis la proclamation des résultats des élections municipales. Les fins limiers du pouvoir ne se cachent pas pour revêtir les scènes de rue fortement médiatisées du pavillon Fcbe. En relais on retrouve toute une panoplie de thèses visant à accréditer la thèse d’une majorité populaire malgré les revers subits dans les plus grandes agglomérations du pays, Cotonou, Calavi, Porto-novo, Bohicon, Natitingou.

Le très docte, deuxième vice-président du parlement, André Dassoundo a lâché d’instinct quelques indications sur les points de la révolte de 2011 : le pseudo soutien populaire à Yayi Boni, les fraudes en défaveur des listes Fcbe, l’impartialité de la Cena. À l’aide de son scalpel, il a su distinguer les « inutiles » dont le pouvoir n’a pas besoin. Quelques débauchages ici et là et la marina demeure dans le giron de l’émergence de la misère, de la vie chère, de la prédation des deniers publics et de la manipulation des masses.

A la manière où ils se refusent à faire le deuil sur Sèmè-kpodji, Avrankou, Calavi, Kétou, Malanville, il est inimaginable de voir les émergents accepter un ballottage au premier tour en 2011. Sans que les mêmes soudards qui font admirer la finesse de la lame de leurs machettes sur les écrans de télévision ne reprennent du service. Ce ne sont pas les incantations du genre « Dieu aime le Bénin » qui feront changer d’avis à des gens qui pérorent partout que leur champion part avec une avance de 75% sur tous les autres.

Ressasser tous les jours 75%, 75%, 75%...au déjeuner, au dîner, durant le sommeil … et admettre plus tard un score, l’incapacité de réunir 50%. Scénario expérimenté aux municipales où tous les exploits de la propagande prédisaient 60 communes pour la Fcbe. Avec une avance numérique de 14 communes soumises à la liste unique du chef de l’Etat. On comprend alors le crime de l’institution de Pascal Todjinou qui ne consent à donner à cette liste un peu plus de la moitié de ses prétentions. Une offense à laver au prix du sang des morts et des blessés de Kétou, de Glazoué. Avis à tous ceux qui oseraient se mettre en travers de la victoire programmée de Yayi-Dieu.

Ce qui est dit est dit !

Par Arimi Choubadé
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