Ne vous moquez pas !!!

lundi 1er septembre 2008 par Arimi Choubadé

Quelqu’un pour leur dire d’arrêter le cirque. Ces fameuses négociations au sein de la classe politique qui commencent sérieusement par agacer les crèves-de-faim, les malades abandonnés, les détenus privés de jugement, les chômeurs et les exclus du système. On connaît les avis de chaque négociant sur son (ou ses) vis-à-vis. Les caméras étaient inutiles pour savoir ce que Amoussou, Fagbohoun ou Issa Salifou pensent de Yayi Boni, Ndouro ou Tévoédjrè. Vice versa. Un véritable concours de complots et d’entourloupes, ces pourparlers !

L’opinion des émergents n’est plus à refaire concernant les agitateurs d’en face qui les empêchent de s’empiffrer en rond. Une petite excursion dans le lexique courant à la Marina pour s’apercevoir des noms d’oiseau attribués à chaque membre des « G ». Vénance Gnigla ? Un incapable dont le départ permet au gouvernement de réaliser de remarquables performances dans le sens de l’émergence selon un de ses anciens collègues. Antoine Dayori ? Un dangereux psychopathe friand d’hymen et de chaire tendre. Rachidi Gbadamassi ? Redoutable interface de la pègre nationale, son séjour en prison aurait favorisé la baisse considérable des braquages et du grand banditisme à Parakou, dixit un adepte du « caurisme » en reconquête de popularité. Issa Salifou ? Un commerçant véreux, fossoyeur de l’économie nationale. Soglo ? Un vieux gâteux qui vieillirait mal, inconsolable depuis son séjour écourté à la tête du pays, à en croire le très psychologue ministre Alexandre Hountondji. Fagbohoun ? Un repris de justice diseur de bonnes blagues. Amoussou ? Un aigri au destin manqué. Houngbédji ? Éternel comploteur…

A l’inverse, on ne compte plus les accusations d’imposture, de tromperie, de tricherie et de vols de deniers publics qui pleuvent régulièrement sur le régime à chaque fois qu’un membre de « G » ouvre la bouche. De quoi parle-t-on alors lors des supposées séances de négociations ? De sordides combinaisons algébriques tendant à la destitution, à la démission ou au maintien de Mathurin Nago ? Ou encore au sauvetage du rempilage du docteur-président en 2011 ? Ou à un élargissement de la mangeoire ? Ou enfin à la ruse visant à embrasser l’adversaire en vue de mieux l’étouffer ? Des considérations qui ne satisfont que des intérêts exclusivement liés à quelques gosiers asséchés.

A peine si les grands ratés du quinquennat en cours méritent une once d’attention : la vie chère, les enlèvements d’élus municipaux, le gaspillage et l’utilisation abusive de biens publics, la traque fiscale à l’encontre des opérateurs économiques de l’« opposition », les détournements de deniers publics, les dépenses extrabudgétaires, la transformation de la Beceao-Bénin en paradis fiscal, la chasse aux sorcières dans l’administration publique, l’instrumentalisation de l’armée et des institutions de la République, les grèves à répétions, le régionalisme, le règne des évangélistes...

Puisque que tout le monde s’entend pour ne pas s’entendre – à lire les communiqués de sortie d’audience au palais de la République – le semblant de pourparlers prend des allures d’insultes à la nation. Les 75% des électeurs à la présidentielle de 2006 ne méritent pas d’être gavés de faux espoirs à travers des parades médiatiques dépourvues de toute sincérité. Avec ou sans accord, les émergents ne souhaitent et n’envisagent rien lâcher. Tout dans la conduite des affaires de l’Etat l’indique, sans nuance. La classe politique peut s’occuper autrement que de mettre les nerfs de pauvres citoyens à rude épreuve.

Le film est mauvais parce que les acteurs jouent tous faux.

Par Arimi Choubadé
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