Le repli idéologique ?

mercredi 15 octobre 2008 par Arimi Choubadé

On ne déclenche pas l’ire de la meute de star de Canal 3 pour rien. L’atelier sur le concept du Changement, vieux de deux ans et demie, à l’intention des cadres des ministères en a eu pour son grade sur le plateau matinal du mardi 15 octobre 2008. Un aveu d’échec selon mes confrères. Emportés par leur écoeurement du moment, ils ont complètement passé sous silence le drame imposé aux sommités de l’administration publique à travers l’ubuesque représentation. Des décennies de carrière pour certains contraints de se faire entretenir sur un slogan qui sonne creux. Cela devrait rappeler aux plus vieux de douloureux souvenirs des formations patriotiques, idéologiques et prémilitaires sous la révolution marxiste-léniniste. Quelques crieurs publics qui s’illustraient en redresseur de cadres réactionnaires ou pas suffisamment imprégnés du concept de la Révolution. Troublant, le parallélisme.

Le fait même de devoir supporter les radotages des moniteurs de circonstance pourrait être considérés par certains participants comme d’atroces sévices mentaux. L’attelage Alexandre Hountondji-Edgar Guidibidi est loin d’être ce qui a de mieux à proposer à l’auditoire. Le premier se vante de figurer parmi le cercle des inventeurs de la tentative de liquidation progressive de l’héritage de l’historique conférence nationale et de la « vieille » classe politique qui l’incarne. Musulmans et chefs traditionnels espèrent toujours lui réclamer un jour des comptes à propos de la gestion des millions débloqués à leur profit par le pouvoir. Son second, au moment où il instruisait des cadres sur le Changement, s’apprête à faire la une de quelques scandales financiers encore à l’étape de rumeurs plus ou moins fondées. Son machin de Promotion du Changement auprès du chef de l’Etat se débat sur la régularité de certaines de ses factures endossées par le trésor public. En clair, ceux envoyés pour parler d’hygiène morale de la gouvernance traînent derrière eux de lourds chariots d’anti-modèles.

A se demander pourquoi tant d’effort sur une notion totalement absent des manuels sur l’administration publique. Cela explique d’ailleurs la difficulté des moniteurs émergents à se fonder sur des références scientifiquement démontrables. La fameuse charte du gouvernement rendue désormais désuète par la déliquescence de la gouvernance Yayi, il fallait recourir à un slogan vidé de toute logique dynamique. Mon ami André Dossa parlait du bizarre atelier comme d’un souci de consommer les lignes budgétaires. Les révolutionnaires en leur temps n’avaient pas beaucoup de problèmes à se faire livrer des tonnes de productions littéraires de Marx, Lénine, Kim Il Sung ou Mao. Certains camarades de lutte pouvaient parfaire leur militantisme dans des facultés d’idéologie à Moscou, La Havane, Budap ou Varsovie.

Le combat idéologique des émergents se préoccupe moins de la transformation de la société par l’action politique. La seule motivation qui vaut la peine demeure l’horizon 2011. La présence des chargés de communication à l’atelier sur le concept du Changement plante bien le décor de ces séances qui se rapprochent plus de l’endoctrinement que d’autres choses. Aux cadres d’aller propager la bonne nouvelle partout sur le territoire national. Une bonne cause au nom duquel des positionnements judicieux ont été opérés sur fond de clientélisme et de politisation de l’administration publique. Une fois les pions placés, il faut enfin renforcer leur embrigadement par des séances d’exorcisme et de lavage de cerveau. Après l’armée du 03 juin en fulgurante ascension et les soldats du rempilage arrogamment enrichis, place aux émissaires de la propagande.

De la suite dans les idées à défaut d’en avoir dans le programme de développement du Bénin.

Par Arimi Choubadé
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