30 d’un seul coup…

jeudi 23 octobre 2008 par Arimi Choubadé

Le pionnier de Tchaourou a fait exploser son propre record de meilleur distributeur de maroquins du Bénin du renouveau démocratique. A défaut d’avoir des usines à gogo, des pistes rurales impeccables, des routes carrossables et les greniers débordants de vivres, les portefeuilles ministériels eux se fabriquent à tour de bras. En plein débat sur la crise économique et la réduction du train de vie de l’Etat. Les salaires astronomiques, les frais de mission, les cabinets ministériels, les fonds spéciaux, les véhicules, les maîtresses. Il revient au seul élu du peuple de déterminer la politique de la nation et de se donner l’équipe conforme à ses rêves faute d’avoir un programme. Bravo Yayi Boni !

Les réponses au drame de la gouvernance ? Laissons le soin à la propagande d’extirper de la troupe abondante et bruyante le suc bienfaiteur pour le pays. D’abord la bulle de l’ouverture agitée durant plusieurs mois s’est complètement dégonflée à la publication des nouvelles recrues. Quelques brebis débauchées ici et là dans la pure tradition du Changement. Des sortes de poils à gratter pour les ténors de l’adversité au régime. Fagbohoun aurait donc perdu un de ses teneurs de valise et un éternel insatisfait qui n’arrête pas de partir et de revenir. Kérékou qui pensait avoir reconstitué son ancienne équipe devrait supporter le départ du plus jeune. Un ex-lieutenant de Amoussou décroche un filon malgré son statut de « recalé du suffrage universel ». Le retour de l’enfant prodigue des Soglo s’éloigne de jour en jour. Houngbédji qui a eu l’outrecuidance de traiter la dream-team de « gouvernement ventilateur » continue d’être royalement ignoré. Et la vie continue.

Le Bénin aurait donc bousillé plusieurs mois d’attentisme, de paralysie de l’administration, de rumeurs, de psychose et de remous juste pour une opération de ventilation de maroquins. Avec des strapontins aussi fantaisistes les uns que les autres. Soit ! Sans contester à Yayi ses prérogatives de seul maître de l’exécutif, il convient néanmoins de faire une réflexion, une toute petite réflexion, sur cette plaisanterie de la « recherche minière et pétrolière ». Comme si le Bénin était l’Arabie Saoudite, le Venezuela, la Libye ou le Koweït. Un ministère de la fiscalité n’aurait scandalisé personne dans un pays aux ressources presque exclusivement fiscale. On pourrait même tolérer un ministère du Coton avec pour objectif de ressusciter une filière moribonde qui, il y a encore quelques années, constituait l’essentiel des recettes d’exportation.

Ceux qui espéraient un changement de cap auraient fait un mauvais pari. En effet, l’ossature est demeurée en place. Celle responsable de la sonorisation du Cic à 700 millions, de la fête du 1er août 2008 à 3,5 milliards, des audits commandités et jamais publiés, du refus de réhabiliter l’ex Dg/Padme malgré une décision de la Cour constitutionnelle en ce sens. On peut être sûr de ne pas retrouver dans l’agenda de la meute des 30, l’inversement de la tendance baissière du Bénin au fil des classements de Rsf sur la liberté de presse, de celui de Transparency-International sur les avancées spectaculaires de la corruption ou de Amesty-International sur l’état des droits de l’homme. Je prends également le risque d’affirmer ne pas apercevoir à travers l’équipe une volonté de donner des réponses conséquentes à l’impasse du projet de bitumage de Missrété-Adjohoun-Kpédékpo ou au calvaire sur le tronçon Cotonou-Bohicon. 150 nominés au sein de l’organe dirigeant du parti-Etat Fcbe ajoutés au 30 du gouvernement rentrent dans la tentative de création d’une masse critique de personnalités aptes à fermer les yeux sur les dérives, au cas où l’horizon 2011 pourrait rencontré quelques gros nuages défavorables.

La ruse politique n’arrête plus de dérouler son cynique dessein…

Par Arimi Choubadé
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