Après adolescents, débauchés, place aux recalés

lundi 22 décembre 2008 par Arimi Choubadé

Davo, Houédjissin, Kassa. Tous anciens députés, victimes de la vindicte électorale. Autre point commun, leur émancipation ratée vis-à-vis de leurs anciens cocons respectifs. Après sa mémorable déculottée aux législatives de 2007, Barthélemy Kassa se demande s’il pourra retrouver un jour les chemins de l’hémicycle depuis le décès de l’Union du Bénin du futur (Ubf) battant pavillon Kérékou. Identique questionnement du côté de Bernard Lani Davo devenu l’ombre de lui-même après qu’il ait rompu les amarres avec son ex-protecteur Psd. Houédjissin n’a même pas pu compter sur sa témérité ; battu aux législatives puis aux municipales – lui qui se targuait d’être le leader incontesté du zou lors des deux mandats cumulés à la questure de l’Assemblée nationale sous l’aile protectrice de Rosine Soglo. Heureusement pour eux tous que les émergents ont choisi de faire du recyclage.

Les adolescents politiques n’auraient donc plus la côte à la Marina. « Si jeunes et si usés… ». La proximité du pouvoir d’intrigue, d’argent et de mondanités leur a été fatale. Une déchéance qui a été précipitée par le positionnement en ligne de front dans le processus de liquidation de la vieille classe. Il fallait plus que l’impertinence et le verbiage exalté pour que des adolescents politiques puissent s’offrir les scalps de vétérans de la trempe de Soglo, Amoussou, Houngbédji surtout sur le terrain de la ruse, de la tromperie et de la fantaisie. Face à une coalition anti-cauris de plus en plus mordant, les recruteurs du régime ont alors jeté leur dévolu sur les recalés du suffrage universel – pour reprendre une expression d’un confrère du journal « Fraternité ».

Certains, au sein du régime, commencent sérieusement par douter des facultés de recrutement du grand prêtre de l’émergence. Dassoundo croyait avoir tout vu lorsqu’il parlait de cet entourage qui adorait jouer sur les cordes sensibles du docteur-président. Le pire restait à venir à l’instar de cette nomination du Grand Chancelier de l’ordre national, une manifestation ostentatoire de la prime à l’impopularité. En effet, le vieillard sujet à un anti-parlementarisme chronique n’a eu son sésame que lorsque le chef de l’Etat a eu été convaincu de son rejet par ses propres frères de Porto-novo. Une preuve consacrée par la mémorable huée qu’il a reçue au stade Charles de Gaule au moment où il devrait prendre la parole lors des obsèques nationales au regretté Salomon Biokou.

Des repêchages au parfum de provocation. Le pouvoir devra expliquer un jour pourquoi la réhabilitation de la ville d’Abomey a été arrachée aux responsables locaux élus au profit de quelqu’un à qui ils ont refusé un siège au conseil municipal à travers leur vote quelques mois plus tôt. Une tendance à multiplier les poils à gratter des ténors du G4, G13 et Force Clé qui se font prier pour entrer au gouvernement. Certains pourraient y voir une stratégie d’un chef de belligérance en quête de la meilleure position offensive avant l’ouverture d’un dialogue. Le roi-Yayi souhaiterait effaroucher davantage ses vis-à-vis avant le fameux face-à-face.

Mais les coalisés ont d’autres motifs d’inquiétude que la seule volonté du pouvoir de les provoquer. « Lorsqu’ils étaient avec nous, ils ne se comportaient pas de cette manière » disait Adrien Houngbédji en parlant de ses anciens poulains passés chez l’adversaire au cours de la violence électorale à Avrankou. Personne ne sait en effet jusqu’où ces miraculés peuvent aller dans leur devoir de reconnaissance envers le nouveau maître. On se doute bien que ses strapontins acquis sans mérite intrinsèque n’ont rien de gratuit. Il faut bien des gens pour exécuter les basses besognes surtout pour un régime qui a bousillé tout son capital de confiance en moins de deux ans.

Attention donc à ces recalés dévoués et soumis !!!

Par Arimi Choubadé
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