Ma chronique !!!

lundi 12 janvier 2009 par Arimi Choubadé

Excusez la brutalité avec laquelle le débit de cette chronique a été interrompu pour des raisons de congés de fin d’année. Ceux qui trouvaient mes prises de position partisane, radicale, extrémiste voire pessimiste ne se priveraient pas de sauter sur l’irrévérence consécutive à cet épisode de sevrage en queue de poisson. Ce que j’assume entièrement sans chercher à opposer mon droit au repos à celui des lecteurs à s’informer et à se nourrir l’esprit. Tout en m’autorisant cependant à défendre mes fameuses prises de position, pas par défiance à ceux qui ne pensent pas comme moi mais plutôt au nom de la liberté de penser et d’expression. Pour ne pas revenir sur l’impressionnant tribu qu’avec des confrères nous avons payé afin de continuer à faire passer nos opinions auprès de gens qui veulent bien s’attarder quelques instants sur nos productions quotidiennes indépendamment de leurs sensibilités respectives. Certains soupçonnent un anti-yayisme chevillé au corps à travers mes écrits. Ils ne s’offusquent cependant pas de la kyrielle de pro-yayi qui s’égaillent bruyamment dans les médias et qui implorent chaque jour une gloire immortelle à l’émergence (à la béninoise) et à son grand inventeur. Mais là n’est pas le plus important puisque s’il y a une chose que je réprouve le plus c’est la posture de justicier se croyant investi de la mission de rééquilibrer le monde. A ce jeu, on remarque d’ailleurs depuis 2006 et bien avant que la propagande gouvernementale fait infiniment plus de bruit que tous les anticonformistes réunis (Tlf, Houngnibo, Takou et quelques autres).

Mon handicap réside dans mon incapacité à distinguer le bien du mal comme le fait souvent les censeurs autoproclamés de la morale et de l’éthique dans la vie publique. Il a suffit d’une question simple pour fonder ma conviction : « Le Bénin est-il bien gouverner ? ». Non, selon Arimi Choubadé. Ceci en fonction des mes aptitudes intellectuelle assez limitées, je le concède. Les contorsions intellectuelles abracadabrantes qui font d’un prince un messie le matin et un diablotin l’après-midi n’est pas mon fort. Une opinion s’assume malgré les intimidations et les pressions. Une dangerosité permanente qui donne au métier de journalisme tout son stimulant. L’éditorial de Nokoué s’inscrit dans cette fidélité. De la critique et non de l’anti-régime ou de l’opposition systématique. Qu’on ne compte pas sur le Nokoué pour renforcer la pléthore de distributeurs de lauriers au régime. Nous ne remercierons d’ailleurs jamais assez les gourous de la Marina de nous fournir chaque jour de la matière à travers les scandales financiers, les actes de prédation caractéristiques des libertés et le mépris vis-à-vis des acquis de la conférence nationale.

Ce n’est pas Tlf qui a conçu le détestable projet d’infiltration du processus électoral par les militaires, de la non installation des conseils communaux ou la propension de la Présidence de la République à payer les factures de la liste électorale du chef de l’Etat. Un chroniqueur ne saurait tolérer une attitude de putschistes ou de mafieux de la part d’un pouvoir qui tient sa légitimité des urnes. Me demander d’inventorier l’ensemble de la gigantesque œuvre « salvatrice » du docteur-président avant de donner un point de vue est un exercice hors de ma portée. En dehors de la gouvernance-spectacle et du populisme ambiant, on attend toujours la traduction de la vision du chef de l’Etat en un programme d’action du gouvernement. Les anti-Choubadé en sont presque arrivés à oublier que le régime du Changement à transformer la plupart des chroniqueurs de médias en des commentateurs de faits divers plutôt qu’en des analystes de projets de société. Encore que le cadre d’une chronique n’est pas le lieu d’un programme alternatif comme le ferait les animateurs d’Abomey-Bohicon.

Que les émergents se rassurent, les coupures de Nokoué ne serviront pas de bulletin de vote aux électeurs en 2011.

Par Arimi Choubadé
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