Victoire Fcbe… à Sèmè ?

mardi 3 février 2009 par Arimi Choubadé

Mathias Gbêdan, nouveau héros Fcbe. À croire qu’à Sèmè-Kpodji, la gloire à Dieu rime avec reniement, revirement, volte-face et dribles. Gbêdan opportunément revêtu de la toge d’émergent. Et pourtant, à la présidentielle 2006, aux législatives 2007 et aux municipales 2008, la peste fut le régime Yayi. Aux communales qui suivirent quelques mois plus tard, le Changement devient le radeau de sauvetage indispensable à la conservation du poste de N°1 de Sèmè-Kpodji. Cette longue durée dans la négation de la politique du banquier se suffit pour se faire une opinion sur l’état d’âme de l’ancien nouveau maire de Sèmè-Kpodji ; un anti-yayisme jusqu’à la moelle. C’est cela la victoire célébrée dans les allées du palais de la Marina comme si les Béninois venaient d’accorder un nouveau mandat au docteur-président.

Gbêdan n’a été l’allié ni de Fcbe ni celui du Prd. Son unique allié a nom : Gbêdan. De la ruse, de la traîtrise, de l’inconstance ? Certainement de l’instinct de survie. En cela, on pourrait se demander ce qui faisait si peur au maire sortant de la cité du sable de mer pour qu’il soit capable du pire afin de sauver son fauteuil. La peur d’une réédition des comptes après une gestion à controverse durant 5 ans ? La honte de redescendre après avoir « monté si haut » ? Ou la volonté de démontrer les failles de la politique de rajeunissement en vogue au Prd et qui a déjà coûté à beaucoup de ses promotionnaires tels que Bernard Dossou, Timothée Zannou, Michel Missikpodé ou El Hadj Aloukou Minakodé ?

Apparemment le coup de la plaisanterie du professeur Roger Gbêgnonvi a provoqué de nombreux dégâts psychologiques à la Marina. Au point où les gens en sont arrivés presque à oublier que celui qui a été porté à la tête de Sèmè-Kpodji est le produit de suffrages portés sur la liste de l’adversaire irréductible. Et que les vrais Fcbe de la localité ont démontré leur farouche hostilité à cette cooptation qui méprise toutes les règles de la morale et du bon sens. Comme ils savent le faire, les caurisants des lieux ont fait suffisamment de bruit mais leurs agitations braillardes n’ont eu aucun effet.

On ne peut empêcher Gbêdan de penser avoir fait une bonne œuvre en forçant le destin. Surtout qu’il place son succès sous le signe de la grâce divine. Et non de la grâce présidentielle : nuance de taille. L’ambiguïté a donc quitté le camp de l’heureux élu. Désormais c’est aux émergents de mériter son éventuel soutien. Son nouvel arrimage ne souffrirait d’aucun manquement tant que le régime serait en place. On ne peut espérer de lui de suivre ses nouveaux alliés circonstanciels jusqu’à la perdition. Dans le cas d’espèce, l’allié est loin d’être les 12 voix Fcbe du conseil municipal qui l’on portés en triomphe. Il sait ne devoir son positionnement qu’au diktat du palais lui-même très friand de la caricature politique allant du retournement de veste au cynisme en passant par la plaisanterie.

Les agitations autour de l’installation du conseil municipal de Sèmè-Kpodji semble avoir occulté la réalité de la gestion des affaires de la commune durant les 5 ans de la première mandature. Passons la grotesque violation de la loi qui oblige l’installation dudit conseil 7 mois après le délai légal. Subsistent néanmoins les causes qui ont rendu le maire sortant « reconduit » impopulaire dans son propre camp. Rien ne garantit que ses traits de caractère que l’on dit hostiles au partage et à la transparence subissent une métamorphose comme par enchantement. La gestion des carrières de sable, des ristournes sur les parcs de véhicules d’occasion, les marchés publics…

Côté fidélité, les émergents peuvent se rassurer : chasser le naturel, il revient au galop…

Par Arimi Choubadé
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