Sur la piste de l’escorte…

jeudi 19 février 2009 par Arimi Choubadé

Jamais le beauf n’a été aussi proche de l’argenterie en trois ans de Changement. Juste après sa retraite de la Bceao. Brusquement, Soulé Mana Lawani perd sa stature de père de la prétendue bonne tenue de l’économie nationale et d’architecte du bond prodigieux de la cagnotte budgétaire passée de 600 à 1200 milliards en moins de deux ans. La manipulation le décrit désormais comme la taupe qui rêverait secrètement de prendre prochainement la place du grand chef. L’agitation médiatique autour de la probable candidature de Soulé Mana ne nous dit pas si elle a été inspirée par la découverte d’affiches de campagne au domicile du mise en cause et à son effigie dans la perspective de 2001. À moins que cela ne sorte tout droit du laboratoire de ruse des émergents

Comme par hasard, tout ce bruit se greffe à quelques coïncidences pour le moins saugrenues. D’abord ce fameux départ à la retraire de Marcel de Souza de la Bceao juste au moment où le gouvernement de son beau frère décide que les fonds d’escorte cessent d’être l’hôte du tristement célèbre compte spécial à la Bceao précisément. Deuxième acte, les rumeurs presque officiellement entretenues à propos d’un éventuel remplacement de Soulé Mana Lawani par celui qui s’occupait précédemment du gardiennage du toujours très spécial compte de la Bceao. En effet, ce retour de l’argent de l’escorte des véhicules d’occasion au trésor public suppose un contrôle budgétaire sous l’autorité de l’argentier national. Conclusion : celui qui a su bien « veiller » sur ces fonds à la Bceao peut toujours continuer à la faire au trésor public.

Le grain se sable dans la machine, c’est le bilan de Soulé Mana. L’assainissement des procédures au trésor public aurait été nettement amélioré et tous s’accordent pour constater une augmentation prodigieuse des recettes de l’Etat. Le faire partir sur fond de népotisme pouvait jeter une nouvelle couche de peinture noire sur l’image déjà surannée d’un pouvoir réputé pour ne pas être un modèle de gouvernance transparente. Et comme les émergents ne sont pas à court de ruse, il fallait décréter une indignité comme celui de trahison et d’infidélité. Soulé Mana candidat en 2011 ? Lui qui n’a pas été capable de faire gagner un seul conseiller municipal à Fcbe dans son Zinvié natal ? Mais puisqu’il faut justifier par avance ce qui commence par devenir une évidence, ce n’était plus nécessaire de faire dans les formes. Et si l’histoire de la présidentiabilité de Soulé Mana ne prend, il va falloir recourir à d’autres expédients, encore et encore, jusqu’à ce qu’il craque.

Il n’échappe à personne que dans la chaîne de gestion des fonds d’escorte, il n’y a que Yayi et de Souza qui ont conservé une certaine stabilité à leur poste. On peut revenir sur l’explosivité du poste de directeur général de la douane (4 Dg en 3 ans), du port de Cotonou (3 Dg), du ministère des transports (4 à 5). Tant que le trésor public n’est pas concerné par cette gestion, un ministre des Finances ne représente aucun danger. Ce qui n’est plus le cas depuis la budgétisation de cette activité. Un homme de confiance s’impose donc. Entre Soulé Mana et de Souza, il n’y a pas match dirait l’autre. Ce qui nous projette directement vers cette autre question lancinante sur le besoin de sécurisation de cette chaîne d’activité qui hante les esprits au palais de la Marina. La prodigalité renouvelée du chef de l’Etat vis-à-vis du nébuleux programme d’octroi de micro-crédit aux plus pauvres est la démonstration que rien ne devait changer dans les comportements des princes en matière des fonds d’escorte de véhicule d’occasion.

Cela vaut bien que le beauf retrouve la piste de l’escorte.

Par Arimi Choubadé
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