L’improbable K.O.

mardi 24 mars 2009 par Arimi Choubadé

Victoire dès le premier tour ; une nouvelle trouvaille destinée à entretenir l’ergo du prince que l’on dit très déprimé par l’annonce de la candidature de son successeur à la Boad. Les courtisans ont donc choisi la promesse du 50% et plus au premier tour en 2011 pour remonter le moral du chef. L’analyse se fonde sur l’aubaine pour le camp Yayi que constituerait l’éventualité d’une candidature unique des « G » et « F ». En clair, les amis du président s’inquiètent du fait que le combat apparaisse finalement trop facile pour leur champion. Ainsi attirent-ils d’ores et déjà l’attention du camp d’en face sur les risques d’une candidature unique face à Yayi. Léhady, Houngbédji, Sèhouéto et Amoussou seront les premiers surpris de constater que les caurisants se font beaucoup de souci pour eux du fait de leur stratégie unitaire. C’est forcément une bonne nouvelle pour le trésor public que les Béninois choisissent de faire économie d’un tour en 2011. Les dépenses liées au scrutin s’en trouveraient considérablement réduites.

En réalité, les émergents ne voient de présidentielle en 2011 qu’en un seul tour. Affronter un front sacré au second tour. Rien que cette perspective suffit à mettre le moral de nombreux gourous de la Marina en coton. La hantise est de se projeter vers ce second tour contre un sans-visage. Les qualités et le parcours intrinsèques du challenger compteraient alors pour du beurre. La question se réduirait en un « oui ou non » à Yayi Boni. Une sorte de référendum sur le maintien ou non du régime du Changement. Vu le concert de témoignages accréditant la thèse du docteur-président irrespectueux des accords souscrits, inutile de penser à des ralliements éventuels entres les deux tours. Puisqu’il est presque certain qu’une fois réélu, Yayi Boni continuerait son One-man-show au mépris des intérêts des partenaires éventuels, à quoi bon négocier avec lui une quelconque coalition ? Le premier tour apparaît donc comme un essai de kamikaze aux émergents : ça passe ou ça casse.

Les adolescents politiques n’ont pas tout à fait tort de tout miser dans ce maudit tour de la dernière chance. En effet, pour une fois le locataire de la Marina pourrait ne pas être présent au tour final. Yayi a considérablement perdu du terrain notamment à Cotonou et dans tout le département de l’Atlantique. Les Collines sont en proie à une scissiparité récurrente. Tandis que le septentrion vibre sous les coups de boutoirs des tchanéistes de plus en plus nombreux. Mathématiquement, la stratégie unitaire peut être assurée de franchir la tour d’entrée en attendant l’issue du duel fratricide entre Tchané et Yayi. La mobilisation générale autour du premier pourrait au moins éviter au pouvoir l’humiliation d’une élimination précoce pour un président sortant.

Au lieu de cogiter sur les chances des « G » et « F » à être en alliance ou non, les émergents seraient mieux inspirés à se préoccuper de la meilleure formule de se sortir du traquenard qui se tisse autour du docteur-président. Pourquoi ne pas penser à un autre émergent moins sujet à polémique que Yayi pour briguer la magistrature suprême ? C’est sur le sujet Yayi que les projections d’Abomey-Bohicon ont été faites. Leurs pertinences s’écroulent dès que le docteur-président se retire de la course. Le coup du candidat de rechange a été utilisé avec un grand succès en Argentine où le mari a tout simplement cédé le gouvernail à son épouse.

Pourquoi pas Chantal pour succéder à son Boni adoré à la Marina ?

Par Arimi Choubadé
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