Association de malfaiteurs ? (2)

jeudi 26 mars 2009 par Arimi Choubadé

De nombreux puristes continuent de s’émouvoir face à la multiplication d’assemblées spéciales composées de tout ce que la République possède de respectable (forces de l’ordre, ministres, députés et autres élus) d’une part et de dangereux trafiquants d’autre part. On croit rêver à la vue de communiqués radiodiffusés et télévisés signés de ministres conviant des hors-la-loi à des « séances de travail », en des lieux publics ; sous haute sécurité. Et les trafiquants qui retournent chez eux en toute tranquillité. Quelqu’un qui connaît la définition d’un Etat voyou pourrait éclairer notre lanterne sur cette approche des autorités de l’émergence. Un Etat dans lequel les auteurs d’entorses à la légalité républicaine sont courtisés et protégés par les officiels.

La connivence entre l’Etat émergent et les trafiquants emprunte presque les mêmes cheminements que l’épisode Hamani Tidjani sous Kérékou. Le Nigeria s’est fort de la complaisance du gouvernement Kérékou avec le crime transfrontalier pour empiéter ouvertement sur la souveraineté nationale béninoise. Exactement comme le fait le pouvoir Yayi Boni. Les audiences au palais de la Marina n’est rien d’autre qu’une reconnaissance officielle à la contrebande des produits pétroliers. Une activité considérée comme une atteinte grave à l’économie voire la stabilité politique du grand voisin de l’Est. Mise à part la gigantesque désorganisation que subit le secteur pétrolier au Bénin du fait de quelques individus qui ont choisi l’illégalité comme mode d’enrichissement.

Dieu est témoin que les officiers de police judiciaire béninois ont siégé dans la même salle que des gens coupables d’actes répréhensibles sans que ces derniers ne soient contraints à rendre gorge. Une attitude qui pourrait provoquer une poussée d’urticaire au sein de l’administration de Yar-Adua. Parce que c’est au Nigeria que les ravages de ce commerce maléfique de produits pétroliers se font le plus sentir. Grand banditisme, conflits ethniques, rébellion armée, corruption se nourrissent abondamment de ce trafic. Les commandos qui investissent les champs de forage en haute mer pour vider les réserves des compagnies de raffinerie de pétrole seraient tombés en faillite si l’écoulement des rapines ne se fait pas par trafiquants béninois interposés.

Le Bénin aurait été frontalier à Israël que Tshaal se serait fait le plaisir d’envoyer une expédition punitive à l’encontre de tous ces contrebandiers sur le sol du Bénin. On se souvient de l’enlèvement du président Panaméen, le général Noriega alors qu’il était au pouvoir dans son pays par les forces spéciales américaines. La Maison Blanche s’est fendue du droit de poursuite afin de limiter les facultés de nuisance d’un chef d’Etat étranger accusé d’entretenir le trafic de drogue source de déchéance pour la jeunesse américaine. De la même manière que les vendeurs d’essence en vrac du Bénin se comportent comme des receleurs de la principale richesse du voisin nigérian.

Le développement de ce trafic illicite et dangereux ne saurait être imputé à Yayi. Mais l’exploitation qu’il en fait depuis son arrivée au pouvoir et depuis que son regroupement politique a décidé de recruter des adhérents parmi les contrebandiers n’est pas de nature à assurer la quiétude du voisin voire de la sous région. Par ailleurs, avec cette propension à faire cohabiter les représentants de la loi et des hors-la-loi, on ne doit pas s’étonner de certains comportements dans les rangs des forces de l’ordre surpris de plus en plus en compagnie de bandits de grand chemin.

A force d’être trop souvent ensemble, ont fini pas se ressembler dit l’adage….

Par Arimi Choubadé
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