Le naufrage risque d’être collectif…

lundi 6 avril 2009 par Arimi Choubadé

Gbadamassi avec son trophée de l’année ; une procuration en « béton » de son collègue Tokou Dari. Les limiers de la Marina qui pensaient avoir le monopole du débauchage ne décolèrent toujours pas qu’un scalp de l’Etat-Fcbe soit ainsi exhibé en pâture à l’opinion publique. Symbole plus qu’humiliant pour eux : l’origine du démissionnaire, Kandi dans le département de l’Alibori que l’on croyait relativement loin de la zone d’influence de Abdoulaye Bio Tchané. Un affront que les émergents tentent de laver par une hargne à la hauteur de l’humiliation subie à travers l’instrumentalisation de l’épouse du démissionnaire. Une pauvre femme sans défense, extraite de son foyer et trimbalée comme l’ultime parade à ce départ du mari.

Retour à la réalité, passée l’euphorie de la prise de chasse. La chevalerie n’est pas le point fort du pouvoir Fcbe. L’épisode de la femme de Tokou Dari démontre bien la prédisposition à la dérive des gens qui gouvernent le Bénin depuis avril 2006. Les événements semblent précipité ce pouvoir Yayi vers la sortie chaque jour un peu plus. Une gouvernance que l’on dit très inspirée idéologiquement des années de plomb du régime du défunt Gnassingbé Eyadema. Or tout le monde a vu ce dont le timonier a été capable lorsqu’il s’est retrouvé le dos au mur à la suite de la conférence nationale togolaise : attaque de la primature au char d’assaut, assassinats d’opposants politiques, exile pour d’autres, paralysie de l’administration publique, confiscation de l’appareil d’Etat. Plus d’une décennie après, le Togo peine à défaire de la terreur érigée en mode de gouvernement.

C’est de la bouche d’un baron de Fcbe qu’on a appris à quel point l’émotivité commande aux prises de décision au sommet de l’Etat. Certains opposants « non déclarés » parleraient de paranoïa. Indices suffisamment éloquents pour justifier des appréhensions légitimes sur la période de la pré campagne électorale lancée par le docteur-président en personne. On est presque tenté alors d’implorer les Tokou Dari en puissance de garder leur mal en patience jusqu’à la fin de mandat. L’aventure amorcée en 2006 devrait aller jusqu’à son terme. Les efforts d’Abomey-Bohicon seraient vains si le pays est pris dans l’engrenage d’actes de désespoir d’apprentis politiciens dépourvus de toute boussole et de tout repère.

On ne peut reprocher aux damnés du G13 qui côtoient l’insécurité, la traque et le dénigrement quotidiennement de travailler à mettre Fcbe en péril. Avec le bémol bien entendu que leurs propres intérêts recommandent que le péril ne pèse en définitif que sur les conséquences et non sur l’existence réelle de ce regroupement politique. Le G13 ne pourrait jamais jouir de l’éventualité d’une alternance si une catastrophe devrait subvenir avant le terme du mandat. Une instabilité à la malgache ou à l’ivoirienne ou même à la Guinéenne prive forcément celui ou ceux que les adversaires du régime voudraient bien voir installer à la Marina en 2011. Il faut veiller à ce que le roi ne se retrouve pas complètement nu.

On a vu le mégalomane d’Antanarivo esseulé, abandonné dans un de ses palais cossus en banlieue avec pour seuls compagnons des valises bourrés de fric et des chiens de garde. Les excités de l’armée malgache n’ont eu qu’à se baisser pour ramasser le pouvoir et le confier à un animateur de boite de nuit. Le modèle de la démocratie en Afrique noir mérite mieux que cet épilogue ubuesque.

Combattez donc Fcbe sans chercher à l’humilier, messieurs d’Abomey-Bohicon !

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/480-le-naufrage-risque-d-etre.html