L’opposition vue par Todomey

mercredi 8 avril 2009 par Arimi Choubadé

Une bande de fainéants qui attendent que les équipes de caméras viennent les chercher à domicile. Des hypocrites vivant dans l’illégalité et incapables de se déterminer par rapport à la loi portant statut de l’opposition. Je me suis permis de schématiser de cette façon-là la sortie du Directeur de la télévision nationale Stéphane Todomey en réaction à des attaques imputées à l’honorable Eric Houndété sur le même plateau, la veille. Un fan du chroniqueur sportif comme moi a du mal à décrypter le discours qui oscille entre le mépris, la révolte, la mise en garde voire la leçon de morale. Sa réputation n’a pas été faite sur la polémique mais plutôt sur sa tenue d’écran et ses qualités de journaliste, de chroniqueur, de présentateur et d’animateur.

A sa place je me serais gardé de provoquer ces professionnels de la polémique et de la spéculation. Tout le monde sait que le Dtv ne constitue aucunement une cible pour les « G » et « F ». Seuls les plus perspicaces d’entre eux se souviennent de Todomey comme directeur de la « Chaîne des grands événements ». La bataille autour de la télévision nationale participe de la course au pouvoir déclenchée à plus de deux ans de la fin du mandat de Yayi. Ce positionnement en tant que contradicteur éventuel de Houndété et compagnie n’est qu’un détail du puzzle. Surtout que jusque-là, le Dtv ne s’est pas encore illustré comme son célébrissime Dg qui tient meeting et assiste à des séances de louanges en l’honneur du chef de l’Etat.

Le naturel que les Béninois connaissent à l’ancien chroniqueur sportif demeure la pondération et le flegme. Jamais un mot plus fort qu’un autre. Les critiques ouvertes à l’encontre d’une « certaine opposition » ont brouillé davantage les certitudes du fan que je suis. On croyait entendre le ministre émergent Sacca Lafia au sujet du positionnement « illégal » des « G » et « F ». Ceci en justificatif à la disparition des débats contradictoires sur les écrans de la télévision nationale. Que fait-on alors de la jurisprudence de la Cour constitutionnelle à propos de la minorité et de la majorité ? Cette définition à valeur constitutionnelle suffit pour achalander un plateau autour des grands débats notamment à l’occasion de la célébration du troisième anniversaire de l’intronisation de Yayi 1er. Le brillant Expédit Ologou n’a d’ailleurs pas eu du mal à dénicher deux personnalités capables de s’étriper mutuellement sur la place publique.

Le contexte plaide forcément en faveur de mes appréhensions. En effet, la pré campagne semble provoquée un regain de zèle chez de nombreux cadres en quête de visibilité et jusque là oublié du système. Il est à craindre que le coup de gueule de Todomey ne rejoigne l’obscure rubrique inaugurée par les Candide Azannaï, les Frédéric Behanzin, les Francis Aguénoukoun et consorts. Des quémandeurs de poste qui ne fixent aucune limite à la déchéance pour peu que cela leur permette de se mettre en valeur. Il s’est trouvé que quelqu’un se fasse nommer par le président Yayi après un appel forcé en direct d’une chaîne de télévision. De plus, le parfum de fin de règne qui souffle sur le pouvoir décuple les ferveurs de ceux qui aspirent à prendre leur part avant la levée de rideau.

Néanmoins, on ne peut empêcher un responsable de bonne foi de se fendre d’une colère sainte face au volet de bois verts tous azimuts sur sa gestion d’une situation de tension. Mais les gens en face ne font pas de la galanterie lorsqu’ils se sentent provoquer ou attaquer. Or malgré sa détermination à se faire respecter, je doute que Todomey soit outillé à faire ce genre de combat contre ce type d’adversaire. A moins que l’idole ne détient d’autres jokers inconnus de ses fans.

Dans ce cas, du courage et bonne chance, Stéphane !

Par Arimi Choubadé
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