La bataille du fric…

vendredi 17 avril 2009 par Arimi Choubadé

Certains en sont encore à se demander pourquoi les coups pleuvent sur des trucs comme Diffezi, Bsat, Adeoti et Fils et consorts. Les attaques ne se focalisent plus seulement sur la nébuleuse Fcbe, les adolescents politiques ou le lobby triangulaire tel que défini par l’honorable da Matha Santana, les Nagos, les banquiers et les religieux. Il fallait s’occuper du bras financier du régime du Changement. D’où les tribulations de Diffezi, Bsat, Adeoti et Fils et consorts. Un nouveau type de combat auquel les Béninois sont très peu habitués. Le malheur de Yayi c’est de se trouver en face de grands initiés des ramifications entre la politique et l’argent.

Qui d’autre que Salé, Gbadamassi et compagnie pour parler des véhicules d’occasion et des coffres-forts présidentiels ? Personne n’a oublié que l’Union du Bénin du futur (Ubf), ancêtre de Fcbe et qui a longtemps servi de socle au kérékouïsme puisait toute sa superbe des parcs de véhicules d’occasion. On ne peut compter le nombre de mouvements, de partis, d’associations mis sur les fonts baptismaux à partir de ces parcs. Ce qui explique le volet de bois verts qui a salué la création du Biir puis du Bsat sous le gouvernement Yayi. Des circuits de promotion de nouveaux riches connus des gens d’en face au pouvoir en place. Des nouveaux riches chargés par la suite de retourner l’ascenseur en arrosant le rempilage d’espèces sonnantes et trébuchantes.

C’est ce côté mercantile de la lutte politique qui a longtemps manqué aux opposants à Kérékou. Les Houngbédji, Soglo et Sacca Lafia se contentaient de gloser autour d’orthodoxie de gestion, de respect des acquis de la conférence nationale, d’idéologie pendant que les valets du pouvoir s’empiffraient. Il suffisait, à la fin, d’arroser institutions de régulation ou de contre-pouvoir ainsi que médias et société dite civile de quelques rentes pour faire passer les couleuvres de tout acabit. Or ce sont les initiés de cette époque-là que Yayi doit affronter sur sa route en vue de l’obtention d’un second mandat. Impossible donc de procéder à des dissimulations et à des manipulations de la mangeoire sur fonds publics sans éveiller les soupçons.

Les nouveaux riches en cours de fabrication par le régime du Changement ne peuvent s’en prendre qu’à leur goût trop prononcé pour le zèle décordant et l’allégeance brouillonne. Les malheurs du Bsat ont commencé dès l’instant où son Directeur général s’est cru obliger de se fendre d’un communiqué de félicitation et de soutien au chef de l’Etat après son ordonnance sur le projet de budget remanié exercice 2008 rejeté par la majorité des parlementaires. Quel besoin une société privée avait de se mêler d’une crise institutionnelle et politique ? Seul Florent Kissèzounon, Dg/Bsat est en mesure de l’expliquer aux « G » et « F ».

Dame Karimou Afoussatou doit être en train de regretter amèrement ses trémoussements endiablés aux côtés de son ami, la secrétaire parlementaire, Amissétou Affo Djobo à l’occasion de la célébration du troisième anniversaire de l’avènement du Changement. Ce faisant, elle s’est rappelée au bon souvenir de ceux qui avaient presque oublié ses affaires de monopole de riz, d’exonérations à polémique et de faveurs diverses de la part du régime. Ne parlons pas de Adeoti et Fils qui a gracieusement offert un boulevard bien spacieux pour le confort et l’accessibilité du domicile privé du chef de l’Etat à Parakou. Des excès de zèle à l’origine de la traque sur les nouveaux riches sous Yayi. Le combat des chéquiers ne fait que commencer.

Pas de cadeau donc !

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/487-la-bataille-du-fric.html

Messages

  • Bonjour ARIMI,

    J’avoue que chaque jour que Dieu fait tu me convains de ta capacité de chroniqueur avec tes analyses originales. Je trouve cet article interessant et tu montres toutes ta connaissance de ce qu’on appelle politique au Bénin.

    Je voudrais te demander de faire une chronique sur la ballade des ministres dans leurs régions d’origine pour recenser les terres. J’espère que tu as vu à la télé TOKPANOU entrain de parler de foncier pour la révolution verte ?!

    Et puis je veux te voir à la télé pour animer une émission politique pourquoi pas avec TLF pour revolutionner les émissions politiques et finir avec des journalistes conseillers en communication de leurs invités.
    Merci de répondre à mes attentes.