Sois député Fcbe et tais-toi…

mercredi 29 avril 2009 par Arimi Choubadé

Tout le monde grogne, même les Fcbe du parlement. Parce qu’un transfuge aurait été couvert à prix d’or. Il n’y a qu’avec Yayi que les chantages les plus abjects peuvent avoir droit de cité. Dans le troupeau Fcbe du palais des gouverneurs je cherche en vain des politiquement majeurs capables de s’affranchir du parapluie présidentiel. En dehors de quelques-uns, Débourou Djibril, Wallis Zoumarou dans une moindre mesure, on peut compter au bout d’un doigt ceux qui pouvaient s’offrir le visa de l’Assemblée nationale tout seul, sans l’aide de la machine Yayi. Dègla ? Adambi ? Tchanou ? Affo Djobo ? Ou Aho ? Des gens qui n’auraient jamais rêvé de siéger au palais des gouverneurs à Porto-novo si un certain Yayi n’avait pas prêté serment en ces mêmes lieux en avril 2006.

Ce qui n’est pas le cas de Rachidi Gbadamassi. Le buffle de Parakou s’est payé tout seul, comme un grand, son billet pour le parlement malgré l’hostilité du grand maître du Changement. Il pouvait donc exiger ce qu’il juge nécessaire afin de rallier un régime moribond en quête de majorité à l’Assemblée nationale. Ce qui n’est pas le cas du fameux troupeau obtenu de haute lutte par le docteur-président au prix de sacrifier toute sa crédibilité voire sa propre vie. On se souvient du braquage présumé jamais élucidé sur le cortège présidentiel à la hauteur de Kilibo en pleine campagne législative de 2007. Le traumatisme causé par les menaces à peine voilées proférées par la « haute autorité » à l’encontre des populations qui oseraient ne pas plébisciter la liste présidentielle, Fcbe. De gros risques au nom du triomphe des candidats Fcbe. Vis-à-vis d’eux donc, Yayi a soldé tout compte.

D’où vient alors ce vent de contestation. Un humeur certainement passagère qui épargne certains honorables très reconnaissants pourtant envers le prince du Changement. Ce n’est pas à Nago qu’on ferait par exemple un procès en ingratitude. Conscient qu’il est qu’il n’aurait jamais pu palper le maillet au cours de sa vie n’eurent été les procurations âprement négociées auprès des futurs membres du G13. Débourou ne cesse de démontrer cette fidélité à toute épreuve de prince Bâtombou, en recourant fréquemment au muscle, au besoin.

Les grogneurs présumés de Fcbe ont intérêt à bien se tenir si éventuellement ils envisagent rempiler en 2011. Certains grinceraient des dents dès qu’on leur présenterait la note de leur irrévérence à l’occasion des prochains positionnements. A la limite, ces critiques qui fusent de la maison Fcbe apparaissent comme des coups de traîtrise qui mettent en mal un règne déjà assez chancelant. Car, en terme de numéraires, les honorables de la vague cauris ne s’affranchiraient totalement de la tutelle de la Marina que lorsqu’ils auraient fini de rembourser tout ce qu’ils perçoivent au palais des gouverneurs durant leur mandat de quatre ans : frais de session, frais vestimentaire, frais de transport etc…

Et puis, malgré tout le mal que les gens se sont donnés pour les envoyer là-bas, ni Dègla, ni Ahinnou, ni Ahounou n’ont pu agir pour obtenir une majorité confortable et stable pour Yayi. Au contraire, ils contribuent à effaroucher davantage les députés « G » et « F » par des déclarations incendiaires et par des pratiques parlementaires fondées sur l’intolérance, l’arrogance et de la boulimie des postes. Toute chose à l’origine des revirements de la bande des 13 déçus de l’application faite de l’accord de législature. En clair, les transferts à la Gbadamassi continueront jusqu’à une stabilisation de la majorité présidentielle. Un projet régulièrement mis en échec par le radicalisme de certains ténors de l’adversité au régime capable de rejeter des offres à figurer au gouvernement.

N’en déplaise à messieurs les honorables Fcbe…

Par Arimi Choubadé
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