Il n’a pas eu besoin d’apatrides

mercredi 27 mai 2009 par Arimi Choubadé

Yayi se vend très mal à l’extérieur. L’épisode de l’audience sur les gradins du stade de France l’atteste sans équivoque. La phraséologie autour d’une providentielle invitation à la coupe de France ne réussit qu’à rendre l’affaire encore plus cocasse qu’elle ne l’était ; le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy tolère à ses côtés durant une finale de coupe de France de football son homologue béninois, Yayi Boni à qui il a refusé d’accorder une audience en bonne et due forme à l’Elysée quelques heures plus tôt. C’est peut-être là une des subtilités de la légendaire hospitalité française difficile à comprendre par le commun des Béninois.

La propagande a vite fait de retrouver son refrain habituel de trahison et d’apatridie. Si Yayi peine à se frayer son propre circuit dans les chancelleries européennes ou nord américaines, la faute en reviendrait à des adversaires politiques Béninois aidés de relais au sein de la diaspora. Des apatrides versés dans le dénigrement du prince du Changement. Ce raccourci parait bien surréaliste lorsqu’on se réfère aux considérables moyens engloutis dans les escapades gouvernementales à travers le monde ; des centaines de milliards chaque année. Sans oublier les représentations diplomatiques béninoises à l’extérieur entièrement à la botte du régime. Tout cet aréopage qui visiblement n’arrive pas à faire écran à quelques adversaires politiques désargentés.

Par contre, ceux qui aident chaque jour Yayi à affiner sa détestable image de prédateur du modèle démocratique ouest africain, c’est sa légion de « patriotes » spécialisée dans la provocation, les invectives, les attaques et les menaces à la paix commune. Les diplomates accrédités à Cotonou sont témoins tous les jours de la réception des marcheurs à la présidence de la République ; des orgies gigantesques données en l’honneur de laudateurs avec les fonds de l’Etat. Ils sont témoins, ces diplomates, de la gestion calamiteuse des fonds de l’escorte de véhicules d’occasion pendant que le gouvernement sollicite de l’aide budgétaire directe auprès des partenaires au développement.

Les informations en provenance du Bénin ne parlent que des interdictions de manifester dans certains départements considérés comme faisant partie du Yayi-land ; de la suspension d’un processus de vote communal qui tourne au désavantage du regroupement politique du chef de l’Etat, Fcbe ; de débauchages de député ; de grèves cycliques ; de la fièvre des conseils municipaux ; de la corruption ; des contrats bizarres avec des médias ; de la précampagne précoce, permanente et sauvage alors que tous les indicateurs économiques sont au rouge. Grâce à la toile Internet, les chancelleries n’ont même pas besoin de rapports spécifiques de leurs représentants sur place à Cotonou avant de se faire une opinion sur l’imposture érigée en idéologie « émergente ». Les véritables ambassadeurs de Yayi sont ceux qui écument les journaux et les ondes de messages de haine, de suffisance et d’arrogance.

Avec le résultat que l’on sait.

Par Arimi Choubadé
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