Parakou, le mauvais rôle…

lundi 15 juin 2009 par Arimi Choubadé

Des marcheurs émergents en rogne contre d’autres Béninois « opposés » au régime Yayi. À partir de Parakou. Progressivement, patiemment, les principaux hommes politiques de la ville du septentrion ont choisi d’y ériger le siège de l’intolérance, du fascisme, de la menace sur la paix et l’unité nationale. Gbadamassi ne cesse de clamer partout que se sont sages, notables et princes de la cité des Kobourou qui lui ont dicté sa croisade anti-sudiste avec pour unique mission de sauver le trône de Yayi en 2011 contre l’impérialisme débridé d’un sud indigne. D’où la devise de Gbadamassi : « politiciens du nord, unissez-vous pour barrer la route à tout prétendant sudiste désireux de ravir le pouvoir à Yayi, le digne représentant du nord impérial et dominateur.

Et voilà Parakou qui inaugure la dérive fasciste allumée sur les mêmes lieux que la vague régionalisme. Cette fois-ci, c’est le déni à tout adversaire politique de contester les choix et les options du gouvernement du Changement surtout dans la rue. Il suffit de se poser des questions sur les motivations des marcheurs sponsorisés par d’autres cadres et personnalités politiques de Parakou. Ils ne veulent plus que les gens manifestent dans les rues contre les agissements du pouvoir comme ce fut le cas le 28 mai dans les rues de Cotonou. Sam Adambi et ses amis marcheurs ont manqué de dire ce qu’ils feraient pour éviter de nouvelles descentes dans les rues contre le gouvernement et surtout ce qu’ils feraient si les « G » et « F » remettent cela.

Curiosité pour curiosité, c’est au préfet des départements du Borgou et de l’Alibori que Sam Adambi et ses amis marcheurs sont allés lire leur motion. En principe, le message s’adresse en priorité et en exclusivité aux organisateurs du 28 mai. C’est à celui contre qui est organisé une protestation qui reçoit la motion. Voilà, un Fcbe bon teint en la personne du préfet Denis Ali Yérima qui promet d’être le porte-parole fidèle auprès de qui de droit. Allez-y comprendre quelque chose lorsqu’on sait que les manifestants de Parakou ne souhaiteraient plus revoir des gens défier leur idole dans les rues. L’Etat-Fcbe envisagerait-il d’empêcher la réédition d’un autre 28 mai ? Où est-ce un avertissement des supplétifs de service à l’encontre des adversaires du régime ? Dans l’un ou l’autre des cas, on entre en plein dans l’option fasciste.

On se souvient des troupes d’animation d’Hitler qui ont pris le contrôle de l’expression populaire. Ce qui a abouti au musellement de toute opposition jusqu’à ce que le monstre ne naisse. Ceux qui ont vécu en live les événements sanglants voire meurtriers de mars 1991 à Parakou peuvent témoigner que les gens n’ont même pas bénéficiés d’une aussi longue préparation comme c’est le cas sous le régime du Changement (plus de deux ans) pour en arriver au pire. Gbadamassi, Adambi, Ali Yérima et consorts semblent avoir oublié qu’en 1991, le Haut conseil de la République a dû annuler le vote dans tous les bureaux de vote de Parakou du fait des violences et des affrontements entre ressortissants du sud et des présumés autochtones.

Les hooligans de l’époque n’ont pas compté dans leurs rangs des députés, des ministres, un préfet et des hommes d’affaires avant de mettre la ville à feu et à sang, l’espace d’un jour de scrutin présidentiel. Les plus anciens peuvent revisiter des périodes plus sanglantes pour cette même ville dans les années 74. Une métropole de région a plus besoin de peaufiner ses attraits économiques que de se transformer en un sanctuaire inaccessible acquis à la cause d’un régime.

C’est plus facile de réveiller de vieux démons que de canaliser leurs effets plus tard…

Par Arimi Choubadé
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