La danse des faussaires ?

mardi 16 juin 2009 par Arimi Choubadé

Tout était donc faux. La belle unanimité gouvernementale. Les « amabilité » des autres membres de l’équipe à propos de l’argentier viré donne un aperçu du climat autour du docteur-président. Personne ne pouvait imaginer que les gens en avaient autant contre le pauvre Soulé Mana. Son frère de village et ancien collègue, le ministre Tokpanou n’a pas attendu trop longtemps pour sortir l’artillerie lourde et se proclamer d’ores et déjà comme le plus émergent des proches de Yayi dans la commune de Calavi. Le risque de se voir concurrencer par l’ordonnateur délégué du budget national a complètement disparu. La fin de règne promet certainement des clashs plus retentissants.

Quelques antagonismes anecdotiques promettent de tenir en haleine une majorité présidentielle en mal d’identité. Morceaux choisis : la déchéance de Dovonou dont la permutation avec le ministère de l’Industrie ressemble fort à un désaveu en pleine campagne présidentielle sur la mécanisation agricole. On voit mal Yayi déplacer son ministre de l’Agriculture alors que l’installation tous azimuts de ferraille dans les champs bat son plein et que le régime clame partout tenir enfin le bon bout pour l’émergence économique. Dovonou doit peut-être son maintien au gouvernement à la mince chance qu’il a de conserver le conseil municipal de Covè dans le giron de la majorité présidentielle. Affaire à suivre !

Du côté de Parakou on assiste déjà à une autre facette des passes d’armes entre deux courtisans : les députés Rachidi Gbadamassi et Sam Adambi. En ligne de mire les positionnements pour les législatives 2011. Une concurrence qui s’englue dans une perversité politique inédite. Pendant que le transfuge du G13 parle d’impérialisme du nord sur le sud et de solidarité ethnique, son challenger, lui, sponsorise la dérive fasciste visant à interdire les manifestions anti-Yayi. A croire que la victoire est promise au plus hérétique ou au plus nuisible à la paix nationale. Surtout qu’on observe de nombreux points de convergence entre des discours tenus hors micro et caméra à l’occasion de certaines tournées présidentielles en région et des intonations phraséologiques des concurrents de Parakou.

Cela donne au régime Yayi des allures d’un vaste champ d’adversité, de complot et de rivalité. Pas étonnant que les plus durs à l’endroit du gouvernement clament toujours appartenir à la mouvance présidentielle. À l’exception du Prd, les autres composantes des « G » et « F » jouent à fond sur le « je t’aime, moi non plus ». À rusé, rusé et demie. Une stratégie qui fait tâche d’huile au fur et à mesure que le mandat tire à sa fin. Par le truchement d’une pluralité au sein de la famille politique du chef de l’Etat, tous les déçus du système essaient de se frayer des portes de sorties à travers des regroupements aussi farfelus les uns que les autres.

Pendant que le docteur-président se marre en jouant au débaucheur surdoué, la revanche couve dans sa propre tanière. Les gens n’attendent que le meilleur moment pour mordre. Les exemples comme celui qui a abouti au limogeage et à l’humiliation de l’argentier national peut servir à précipiter certains passages à l’acte. Collette Houéto, Kessilé Tchalla ou Roger Gbêgnonvi en ont fait l’amère expérience. D’où l’intérêt des regroupements politiques qui permettent de garder un pied hors de la nébuleuse Fcbe tout en scandant les vertus du changement. Le temps d’un repositionnement opportuniste en vue de 2011.

Qui est fou ?

Par Arimi Choubadé
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