De la parole à l’acte

jeudi 25 juin 2009 par Arimi Choubadé

Ne néo-émergent de luxe est tout sauf un radoteur. Des jours déjà qu’il averti ses anciens amis qu’il n’y a aucune place pour « G » et « F » dans la région septentrionale, le Yayi-land. Certains thuriféraires ne l’ont pas cru. Il a fallu l’empêchement de tenir de tenir meeting à Matéri et environs avec l’aide de la soldatesque pour les en convaincre. Désormais, il n’existe d’activisme politique au niveau de cette région du Bénin que lorsque c’est dans le sens du yayisme. Contraste saisissant entre les haies joyeuses tout au long du parcours du néo-émergent, Rachidi Gbadamassi quelques jours avant que ses anciens comparses ne se fassent rabrouer par des courtisans au zèle débordant.

Pourtant le discours véhiculé depuis le début de la précampagne précoce ne fait aucun mystère de l’état d’âme des émergents. Un discours dont Gbadamassi se fait le porte-voix. Lui qui estime avoir littéralement craqué face aux pressions des notables, des chefs religieux et des chefs traditionnels du septentrion. La nature des pressions présumées et les identités de ses auteurs n’ont aucune espèce d’importance. Le plus intéressant, c’est le mobile évoqué par la victime et justifiant ainsi son virage à 180° : faire triompher le nord, à tout prix. Toute personnalité originaire de ce nord-là doit donc afficher son adhésion totale et sans restriction à cette fatwa avant de jouir de ses droits de manifester, marcher ou tenir meeting.

La dispersion de toutes initiatives populaires en faveur de Bio Tchané dans le nord-Bénin est un message clair. Aussi clair et limpide que le « plus jamais ça » du ministre Nicaise Fagnon à Dassa-Zounmè perçu par le régime comme la frontière naturelle et névralgique du Yayi-land. La télévision nationale se fait d’ailleurs le véhicule tout aussi naturel de ce message. La seule alternative possible pour les Dankoro, Dayori, Amouda, Salé pour se voir réhabiliter dans leurs régions natales respectives, c’est de suivre la voie royale tracée par l’autre qui les a lâché sans préavis. Sinon, ils continueront à recevoir matraques, jets de pierre, quolibets et persécution à chaque fois que l’envie leur prendra de faire les éloges du président de la Banque ouest africaine de développement (Boad).

C’est Bio Tchané lui-même qui doit se rendre à l’évidence de la situation de fait en cours d’instauration au nord dans la perspective des présidentielles 2011. Au-delà de ses sbires traqués comme des malfrats sur le terrain, c’est la personne du président de la Boad qui est visée. Une sorte d’interdiction de séjour ou d’activisme politique sur sa propre terre natale. Puisqu’on est passé de l’étape des rumeurs et des présomptions à la démonstration de muscle. Il faut, désormais, plus qu’un mandat express de la Cedeao pour l’ancien argentier dès qu’il ambitionnerait de pavaner dans les rues de Djougou, Malanville, Parakou afin de parler de ses projets politiques. Le régime Yayi aurait bien souhaité que le combat se déroule à guichet fermé dans cette partie du Bénin.

Le pays rentre en plein dans une partition de fait. Le nord – de la lisière de Dassa jusqu’à Malanville – où personne ne peut parler d’autre chose que du pouvoir du Changement ; le sud seul pourrait faire l’objet d’une espèce de compétition. Qui pouvait imaginer que le débat politique de la vitrine de la démocratie en Afrique allait se réduire à un niveau aussi bas où les arguments tourneraient autour du lieu de naissance, de la nature des balafres et des cicatrices raciales ? La ruse a eu raison de l’édifice bâti avec tant de sacrifice et de privations. Les Béninois paieraient-ils ainsi un manquement grave à l’ordre divin ?

Coupables peut-être d’avoir choisi Yayi en 2006 ?

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • NOUS ATTENDONS GBADAMASSI ET LES SIENS EN 2011. L’ORTB ET AKPAKI PEUVENT ETRE TRANQUILLENT. ORTB ET GOLFE POUR YAYI ; MAIS LA RUE SERA POUR NOUS. EN 1989 ON N’AVAIT BESOINS D’EUX POUR FAIRE PARTIR KEREKOU1. NOUS SOMMES ENCORE PRET POUR RECONQUERIR NOTRE LIBERTE DE PAROLE ET DE PRESSE ET NOUS RAPPELONS A FAGNON ET GBADAMASSI ET MEME YAYI QUE LE BENIN EST ET SERA INDIVISIBLE . S’IL FAUT DES SACRIFICES NOUS LES FERONS. NOUS SOMMES DES PATRIOTE. AKPAKI ET LE DIRECTEUR DE LA TELEVISION NATIONALE SONT AVERTIS