Mieux vaut être Cotonois !!!

jeudi 2 juillet 2009 par Arimi Choubadé

Que ne donneraient-ils pas pour être des administrés de Nicéphore Soglo ? Ces pauvres hères de Cocotomey, Cococodji et environs excédés par une vie de vulgaires aquatiques, mués en délinquants inciviques lancés à l’assaut de l’Inter-Etat Cotonou-Lomé, l’espace d’une quinte de colère saine. Des détraqués, traumatisés par cette insultante proximité avec des eaux sales et pleines de bêtes immondes. Les pieds constamment dans la marre insalubre une bonne partie de l’année, cela rend logiquement fou furieux contre toutes ces promesses irréalisées. Le sentiment d’avoir été abusé par ce docteur-président les pieds plantés dans l’eau jusqu’aux cuisses qui devant les caméras a pourtant juré « plus jamais ça ». C’était avant les municipales de 2008.

On est d’accord avec l’officier-griot de Godomey que ce n’est pas Yayi Boni qui fait tomber la pluie. En l’absence d’ouvrages d’assainissement appropriés aucune ville béninoise ne se sent en mesure d’éviter des désagrégements à sa population par rapport à l’écoulement des eaux de ruissellement. Les inondations en sont encore à l’étape de fatalité en zone urbaine. Soit ! Mais la gestion de l’après-inondation est nettement décalée selon que l’on vit à Cotonou ou à Abomey-Calavi. Si les manifestants de l’inter-Etat, Cotonou-Lomé vivaient à Cotonou, ils auraient certainement eu droit au déploiement de motopompes pour vider les maisons inondées, de gros engins pour draguer des marécages, des camions et des caterpillars pour reprofiler des voies. Parce qu’il existe un programme d’aide aux sinistrés dénommés « 3Ci ».

Ironie du sort, les détracteurs les plus résolus de ce programme à travers les grognes radiophoniques vivent pour la plupart à Calavi où il n’existe aucune initiative municipale correspondante. A Cocotomey, Godomey, Womey, Dèkoungbé, toutes des localités de la commune d’Abomey-Calavi, chacun se débrouille face à l’envahissement des habitations et des rues par les eaux de ruissellement. Les autorités municipales ont mieux à faire que de chausser des bottes en déployant des motopompes, creusant des tranchées, reprofilant des voies de desserte ou draguant des marécages. Les nouveaux maîtres de Calavi n’arrêtent pas les exercices de reconnaissance vis-à-vis d’un pouvoir qui n’a reculé devant aucune extrémité pour les imposer de force à la tête de la ville – enlèvement de conseillers du camp adverse ; instructions fermes à des officiers de police et de gendarmerie de brutaliser les anti-cauris ; violation en série des textes sur la décentralisation…Les meetings, les marches et les séances de prières en l’honneur du président Yayi Boni conformément à la précampagne précoce ont remplacé les éprouvantes corvées de lutte contre les inondations. À croire que le contrat qui lit l’ancien barbouze devenu maire, Patrice Oussou-Guèdè à Fcbe se limite exclusivement à la mobilisation pro-Yayi pour une réélection à la présidentielle 2011.

D’accord que Yayi n’est pas directement responsable des inondations. Néanmoins, c’est l’Etat dont il est le chef qui a déclaré des gens acquéreurs de zones inondables après les avoir copieusement pressurés à travers diverses taxes foncières. C’est au nom de cette responsabilité républicaine que l’équipe de Soglo se plonge tous les jours dans la boue et la crasse afin de soulager les sinistrés de Fidjrossè, d’Agla, d’Avotrou, de Vèdoko et d’ailleurs. Ceux de Cocotomey, de Godomey, de Calavi, de Womey n’ont pas eu les mêmes opportunités parce qu’ils n’ont pas les mêmes dirigeants obnubilés par les mêmes motivations électoralistes.

Il leur manque tout simplement une sorte de 3Ci (Calavi en campagne contre les inondations)..

Par Arimi Choubadé
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