Cen-Sad de malheur ?

vendredi 10 juillet 2009 par Arimi Choubadé

Quand Cen-Sad rime avec mégalomanie, faillite gouvernementale, copinage, détournement de deniers publics. Le pouvoir Yayi en est encore à faire l’inventaire du ravage de cette affaire sur son image. Lutte contre la corruption, cohésion gouvernementale, bonne gouvernance, respect de l’orthodoxie financière : tout est parti, en fumée. Laissant place à une équipe du Changement complètement groggy. Incapable de calmer les fantasmes autour des milliards dits détournés pendant que les casseroles nagent sur les flaques d’eau et que le gens dorment sur des pilotis de fortune en pleine inondation. Le gouvernement passé maître dans l’art de la diversion ne parvient plus à dérouler correctement sans propagande soporifique. Tout l’échafaudage s’écroule à chaque fois que quelqu’un prononce le mot Cen-Sad. L’autre disait avoir l’impression de lire ce mot (Cen-Sad) inscrit sur le front de chaque émergent qui apparaît sur les écrans de télévision.

En fait ce qui revient sans cesse dans les mémoires, c’est ce avalanche de boniments à l’occasion de l’organisation de ce désormais tristement célèbre sommet de la Cen-Sad, le seul organisé par Yayi en trois ans et demi de pouvoir. Le plateau de la chaîne des grands événements (Ortb) ne désemplissait pas de ministres, députés et autres fonctionnaires de la Marina lancés dans des discours sur les bienfaits de ce sommet sur l’économie béninoise. Une aubaine disait-on pour le tourisme ; hôtels, restaurants, compagnie de transport devaient réaliser de juteuses affaires. Le Guide libyen Mouammar Kadhafi et sa légendaire générosité : tracteurs, motos d’escorte, voiture de luxe. Et ce projet futuriste de 5.000 ordinateurs sur le campus d’Abomey-Calavi.

Finalement, c’est après le conseil des ministres du 03 juillet 2009 que les Béninois ont découvert les vrais retombés de ce sommet. Des pétrodinars de la Libye, aucune trace. Par contre, les maigres ressources de l’Etat béninois ont abondamment circulé en terme de milliards éparpillés entre les villas présidentielles, la réfection du Cic et du Palais des congrès, de bitumage de la route Aéroport-Place du souvenir-Carrefour Air Afrique, l’extension du parking de l’aéroport de Cotonou. La version officielle de l’initiative solitaire de l’ex-argentier ne peut effacer les soupçons d’une coalition de la bouffe beaucoup élargie. Les fusibles ont commencé par sauter dès que le trésor de la réélection a atteint un niveau satisfaisant.

La thèse de la Cen-Sad porteuse de guigne pour le pays hôte ne peut prospérer. D’autant plus que d’autres villes l’ont accueilli avant Cotonou sans provoquer un chaos gouvernemental sur fond de corruption, de gré à gré, de surfacturation chez les accueillants. Encore une fois, la boulimie a joué un mauvais tour au régime de l’émergence. La prodigalité supposée du Guide de la Jamahiriya Libyenne Socialiste a déclenché une telle excitation à la Marina que les louches ont été rapidement remplacées par des pelles comme dirait mon confrère. Même le grand Kadhafi a dû prendre la foudre d’escampette au contact de la gloutonnerie des émergents. Evitant ainsi à ses pétrodinars de servir des causes autres que la principale passion de son règne, l’intégration africaine. Mais les scandales n’ont pas attendu la Cen-Sad avant d’éclore. Les fonds d’escorte, l’avion présidentiel, les financements des activités des Fcbe par le trésor public, la Sbee, le coton etc... A croire que les scandales sont liés au gène de l’émergence à la béninoise.

Ça bouffe avec ou sans Cen-Sad !!!

Par Arimi Choubadé
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