Ont-ils vraiment volé des milliards ?

lundi 13 juillet 2009 par Arimi Choubadé

Des Cfa en quantité inimaginable, disparus, volatilisés. Un serpent de mer, les vestiges supposés du pillage massif du trésor public en scrutant le pays du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Invisibles. Quelques villas de type présidentiel à Tchaourou, Avrankou, Djougou, pas plus. Néanmoins, la coloration politique des présumés auteurs ou complices de la « Cen-Sadgate » donne quelques indices sur la destination probable d’une partie du butin. Les noms cités dans le dossier ont pour la plupart des consonances émergentes. Des gens réputés pour être des organisateurs et des promoteurs de marches de soutien et de meetings de remerciement, la seule industrie que l’émergence de Yayi a apporté au Bénin en trois années de Changement. On savait très bien que les centaines de millions dépensés chaque week-end en l’honneur et à la gloire du docteur-président sur toute l’étendue du territoire national ne se finançaient pas sur les salaires des animateurs. Sauf que ces activités à elles seules ne sauraient engloutir autant de milliards. Où sont-ils passés alors ?

Telle que menée, la procédure est loin d’être une garantie d’honnêteté et de transparence. Elle démarre d’ailleurs avec d’énormes zones d’ombre et d’interrogations. Les révélations gouvernementales sur le scandale Cen-Sad ne disent mot sur le niveau des sommes décaissées au profit des entreprises bénéficiaires de l’opération. En effet, la décision d’arrêter les décaissements comme mesures conservatoires décrétées par le gouvernement paraissent bien obsolètes face à l’ampleur du désastre. Sur les procédés de récupération des sommes déjà sorties du trésor public, rien. Les mis en cause disposent largement du temps nécessaire afin de parvenir à organiser leur propre insolvabilité : comptes bancaires vidés, dissimulation de preuves, obstruction à la manifestation de la vérité.

Parlons de la procédure. Elle démarre sur fond de manipulation et de mensonge d’Etat à travers le coup de la prétendue saisine de l’Assemblée nationale de la part du chef de l’Etat. Un pied de nez supplémentaire à tous ceux qui clament justice. Sur la même lancée que l’épisode des malversations à la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). Le gouvernement lui-même avait commencé par mettre en cause deux de ses recrues, toutes anciens directeurs généraux de la dite société à l’issue d’un conseil des ministres. Une dénonciation suivie également d’une pseudo saisine du parlement. Le président Nago a dévoilé le pot aux roses en annonçant qu’en fait de saisine, il s’agissait plutôt d’une missive privée entre deux comparses. L’injure à l’opinion serait plus osée si en lieu et place d’une procédure juridico-politique bien pensée, le chef de l’Etat envoie à nouveau une missive à son copain Nago.

Ceux qui glosent sur d’éventuels déballages doivent réviser leurs espérances à la baisse. Le régime n’a aucun intérêt à ce que des gens qui ont été des bras armés de l’Etat-Fcbe à travers des putschs municipaux retentissants notamment à Abomey-Calavi et à Avrankou passent devant des juges de sitôt. Si le cas Alain Adihou, en détention sans jugement depuis plus de 3 ans n’avait pas existé, le régime du Changement allait l’inventer. Avant que Soulé Mana, Noudégbessi et complices ne se mettent à déballer, une partie du trésor de guerre aurait certainement servi à la bataille de 2011. Je fais partie de cette race d’incrédules qui croient que l’argent de la Cen-Sad et d’autres scandales sous le Changement interviennent dans la précampagne et interviendront davantage dans la campagne en 2011.

Une élection sur fond de milliards volés…

Par Arimi Choubadé
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