Il ne voulait pas des « badauds »…

vendredi 7 août 2009 par Arimi Choubadé

Le docteur-président l’a désiré et l’a obtenu ; un combat à mains nues, le choc frontal. Appel de pied bien reçu. Les démonstrations médiatiques poussives présidentielles du 1er août 2009 n’ont pas couru trop longtemps avant de se faire happer par la réplique Tchoco-tchoco quatre jours plus tard, le 05 août. Record de célérité battue pour une réaction du camp d’en face. Révolue, la course en tête des émergents ? Yayi sur l’Ortb et Golf Tv, Houngbédji sur Canal 3. Tout, dans le détail, converge vers le désir d’esquisser le reflet de l’alternative ; l’autre manière d’incarner le magistrat suprême. Au décor futuriste de paillette et d’or s’oppose l’austérité d’une bibliothèque achalandée ; deux mousquetaires ont pris la place des deux majorettes (sans péjoration) ; la causerie entre gentlemen remplacé par les tutoiements enflammés ; les esbroufes gestuelles et l’emphases disparues au profit de la retenue et de la gravité solennelle. Les Béninois avaient à comparer Houngbédji, la réflexion à Yayi, l’inspiration. L’intellect à la foi exaltée.

Dans le fond, le système Tchoco-tchoco n’avait rien d’exceptionnel. Maurice Tchabi et Brice Houssou n’avaient recueillis ni confession ni révélations. La marche du Changement est pavée de crise énergétique, de clientélisme, de scandales, de violation de la loi, de régionalisme, de démagogie et de diabolisation de l’autre. Les productions médiatiques quotidiennes s’alimentent à la source de cette hérésie généralisée depuis 2006. Mais, portées par des journalistes, ces alertes à la dérive résonnent tels des radotages de « badauds recrutés pour écrire dans les journaux et sur le Net ». Je parie qu’en parlant de badauds le docteur-président ne pensait pas un seul instant à ses amis propriétaires d’organes de presse sous contrat avec le gouvernement. Les badauds versus Yayi se recruteraient certainement parmi ceux qui sont interdits de rente en matière de communication institutionnelle.

On s’attendait que les émergents applaudissent à tout rompre dès que les adversaires politiques eux même rueraient dans les brancards. Que la sortie médiatique réplique de Houngbédji allait être accueillie avec enthousiasme. La fin de l’apathie de la vieille classe politique. La clameur qui monte de la Marina au lendemain du 05 août est loin de coller de l’acceptation de la dynamique du débat contradictoire. Le « président fantôme » est resté coincé dans la gorge tout comme le retentissant « gouvernement ventilateur ». La tétanisation observée au sein des propagandistes juste après la sortie de Houngbédji trahi une certaine fébrilité due certainement à l’effet de surprise. Les gars pensaient avoir pris une avance considérable en lançant la pré campagne assez tôt. Espérant que les « opposants » englués dans les dédales de laboratoire – candidature unique, processus de la dynamique dite Un – ne pourraient réagir aussitôt.

Yayi doit reconnaître un certain don d’ubiquité à ses « recruteurs de badauds » ; sur plusieurs fronts à la fois. Dans les chancelleries étrangères en croisade anti-Yayi avec le dessein de dévier des aides destinées au Bénin. Dans les rédactions afin de recruter des badauds pour écrire dans les journaux et sur le Net. Au laboratoire, empêtrés dans les combinaisons en vue d’une union que l’on dit vouée à la dislocation avant même sa naissance. A la bourse du travail en train d’arroser d’espèces sonnantes et trébuchantes les responsables de Centrales syndicales. Ces mêmes « recruteurs de badauds » sont encore capables du corps à corps par plateaux de télévision interposés. Toutes ses aptitudes réunies en un même temps au sein du même groupe politique. On ne peut en dire autant de l’autre côté où les seules occupations connues aux princes du Changement sont le vol industriel de deniers publics.

Les « badauds » ne sauraient assumer ou se sentir coupables…

Par Arimi Choubadé
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