S.o.s, docteur…

lundi 7 septembre 2009 par Arimi Choubadé

Sans être dupes, de nombreux Béninois avaient longtemps caressé le vœu de voir les incantations d’émergents devenir réalité. Et que l’émergence économique survienne réellement au bout d’un quinquennat. Mes amis de Bébête-Info sur Radio planète ont même cru au miracle en prénommant le docteur-président « Magicien ». Puisqu’il proclame lui-même à sa prise de fonction, être capable de transformer un petit pays sans ressources naturelles, sans industries, sans appropriations technologiques en un concurrent économique de la Chine, de l’Inde ou du Brésil à partir de la bagatelle de 200 millions f Cfa laissés au trésor public par le régime précédent. La promesse d’une croissance à deux chiffres alors que le Bénin partage la même communauté économique (monnaie, politique d’intégration commune) avec des voisins dont certains connaissent des conflits armés internes ou sont en crise politique et institutionnelle grave ou sous coupe dynastique. Inutile de revenir sur le vote analphabète qui s’est abondamment nourri du mythe du banquier redresseur d’économie. Finalement, pas de miracle. Echec sur le pari de faire mieux que le mentor Hercule.

On pourrait demander aux Béninois de disserter sur les apports du régime du Changement à partir de l’existant. Les radicaux ont une grille de lecture de cette action gouvernementale qui ne fait pas dans la nuance : « gouvernement ventilateur », « président fantôme ». Des câlins qui témoignent du ressentiment d’une partie de la populace qui a longtemps servi de lubrifiant à la machine de ruse. Ce fameux peuple à qui on a obéit à un quart de tour lorsqu’il s’est agit de tourner en bourrique les partenaires politique. Ces marcheurs anonymes, « spontanés » qui sont allés dire à leur tout nouveau président élu qu’ils ne veulent pas d’anciens candidats à la présidentielle, d’anciens ministres et de chefs de partis au sein du gouvernement. On a fini par lui désobéir (à ce peuple) puisqu’il y a désormais pire au conseil des ministres à travers l’exubérante colonie de repris de justice que l’on voit de plus en plus animés les marches de soutien et les meetings de remerciement.

C’est toujours à l’appel du peuple que les rues de Cotonou ont été envahies par un nuée de col blanc rangé derrière le chef de l’Etat dans une mémorable procession contre la corruption. Deux ans plus tard, on découvre plusieurs de ses bruyants accompagnateurs du chef plongés dans le retentissant scandale de Cen-Sad. Une autre désobéissance au peuple. Ne parlons pas des milliers de jeunes contractuels avec qui on refuse de partager la prospérité en ne les reversant pas dans la fonction publique comme promis. Ces travailleurs menacés d’être privés de primes obtenues depuis des années sous les régimes précédents. Ces agents de la Sbee virés pour laisser leurs places à des ethniquement corrects. On arrête là les désobéissances au peuple pour qu’on ne me surprenne pas en plein délire anti-yayiste pathologique.

A défaut donc de le faire émerger, on pourrait demander au docteur-président de préserver le Bénin de la déchéance. S’il croit rempiler, il lui faut régner sur une terre de paix dont le sens de vivre ensemble signifie quelque chose à ses fils au-delà de 2011 et non un champ de misère, en proie à des clivages ethniques tous azimuts. Par contre, si le conducteur devrait être changé, il faut bien que son remplaçant hérite d’un véhicule en état de marche. Yayi dispose des moyens de mettre le feu à la citadelle. On ne s’achète pas près de 92 milliards de matériels de guerre pour aller à la moisson des sucettes. C’est certainement moins périlleux de solder les dizaines de milliards d’ordre de paiement non justifiés, de surfacturations, de gaspillage que de panser les dégâts d’affrontements sanglants.

Le déluge après le Changement ???

Par Arimi Choubadé
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