Vivement ce projet alternatif

jeudi 10 septembre 2009 par Arimi Choubadé

L’éclairci viendrait de Haie-Vive. Un projet à proposer aux électeurs en 2011 au laboratoire. L’alternative crédible aux slogans du Changement. Pourvu qu’il ne coince pas trop longtemps dans les bureaux d’experts et qu’il se rende disponible le plus tôt possible auprès du grand public. Dieu sait combien les Béninois ont soif d’apprécier un projet de société, un vrai. Un carnet de route que chacun peut garder à son chevet et évaluer sans l’aide de propagandistes chargés d’orienter la réflexion. Le paysan de Sinendé veut savoir ce qu’on lui propose dès que les intrants auraient fini d’user ses terres. Tout comme l’étudiant de Lokossa qui s’interroge sur les opportunités après formation, et le jeune entrepreneur étranglé par les taxes et le formalisme administratif. La prestigieuse écurie des « G » et « F » ne pouvait manquer de connaisseurs du Bénin, de ses problèmes, de ses défis, de ses espérances.

Sauf qu’on ne sent pas ces messieurs très pressés. Déjà qu’ils se sont séparés à la Haie-Vive le 1er septembre 2009 sans calendrier en dehors de l’agenda global de 2011. On connaît les Béninois pour leur don à fabriquer les urgences en se faisant aider d’un concept qu’il affectionne beaucoup, le retard. Il consiste à jouer les prolongations à l’infini pour constater à la dernière minute que le temps presse. Cela a bien marché aux émergents qui sont rentrés dans la campagne 2006 en ne s’intéressant qu’aux polémiques et aux agitations de terrain. Les députés leur ont offert un argument formidable à travers la fameuse loi dite de l’exclusion qui a permis aux opportunistes de tout poil de se poser en défenseur des droits et des libertés à quelques mois de la présidentielle. A l’ouverture des hostilités, les Béninois n’avaient qu’à constater la pauvreté du débat et l’intrusion massive des slogans dont les plus célèbres : « ça va changer », « ça doit changer », ça peut changer ». Il y a eu l’épisode oublié du bluff de Kérékou en 1996 avec son Bénin du futur dont personne ne retient la moindre phrase. Ce n’est qu’une fois arrivé au pouvoir qu’il s’est offert un programme en bonne et due forme à l’issue d’une conférence nationale économique. Les expériences Kérékou et Yayi Boni ont été plus des paris sur des individus que sur la manière de transformer la société. A se demander si les « G » et « F » voudraient nous rejouer le coup de l’urgence signalée, sauf –conduit inespéré pour tous les incapables qui prétendent nous gouverner. De l’imposture dirait l’autre.

Le Bénin a certainement l’avantage de ne pas être confronté à un déficit en personnel de commandement. Il existe de milliers de gens aptes à remplacer Yayi comme Soglo, Kérékou et leurs prédécesseurs ont été remplacés. En cela, les conjectures sur le choix du candidat unique de l’alliance G4-Force Clé n’ont d’intérêt que pour les signataires du Protocole d’Union. Houngbédji ou Léhady (Léhady ou Houngbédji). Selon que l’on soit pro ou anti de l’un ou de l’autre, on trouvera toujours des arguments pour aduler ou contester le choix final. L’enjeu se situe donc par rapport au groupe qu’il constitue. L’alternative ne saurait s’identifier à un jeu de chaise musicale qui permet à quelqu’un de s’installer dans le fauteuil présidentiel à la place de l’autre. Ils n’ont pas eu besoin d’autorisation pour proclamer leur volonté de changer de chauffeur en 2011. Cela s’entend par un changement du Changement lui-même et non uniquement par le changement du président de la République. Or un programme nécessite de longs mois en vulgarisation, en explication voire en simulation pourquoi pas dans les commune sous contrôle de l’alliance avant la présidentielle. A moins que le dévolu ne soit jeté de nouveau sur les slogans. Quelques minutes suffisent alors pour les faire reprendre en chœur par des partisans en transe de meetings en meetings.

Alors ! Un projet de société ou des slogans ?

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/570-vivement-ce-projet-alternatif.html