Une crise politique nommée Cour constitutionnelle

lundi 14 septembre 2009 par Arimi Choubadé

Quand l’arbitre devient le contentieux. Cette Cour constitutionnelle de Robert Dossou qui a coûté près d’une année de blocage systématique au parlement. Le symbole par excellence de la ruse politique en vogue depuis avril 2006. Figurait déjà en bonne place du mémorandum fondateur du G4, fin d’année 2007. 13 députés arrimés de force à Fcbe pour faire élire le bureau de l’Assemblée nationale au prix de procurations, de marchandages, de pressions de chantages et de manipulations. Plusieurs mois après, certains peinent à digérer le traumatisme des signatures soutirées manu militari dans un bureau annexe du palais des gouverneurs de Porto-novo sous haute surveillance militaire en présence d’une pléiade de ministres, d’encadreurs spirituels du chef de l’Etat, de chargés de missions occultes… A ceux-là, on demande du subir le diktat d’un arbitre désigné de cette façon-là. Exclusivement des acteurs politiques avérés chargés désormais de contentieux électoraux se rapportant justement à des gens qui contestent leur neutralité. La récusation du juge est également un principe de droit surtout qu’il existe une surdose politicienne dans le cas d’espèce.

Les émergents eux se délectent du fait accompli et en rajoutent une couche à chaque fois qu’ils en ont l’opportunité. Avec une volonté de caporalisation des institutions qui s’est jouée à fond lors de la désignation des membres de la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication. Sur la même logique qu’à l’occasion de la désignation des membres de la Cour constitutionnelle. La paire formée par le gouvernement et les 4 membres Fcbe du bureau de l’Assemblée nationale (sur 7) a décidé d’en imposer à tout le monde malgré sa minorité parlementaire en contrôlant entièrement en plus des contentieux en matière législative et présidentielle, l’accès des acteurs politiques aux médias en l’occurrence ceux du secteur public. Les autres n’ont qu’à avaler les couleuvres les unes à la suite des autres sans broncher au nom de la paix du régime qui se confond avec le dessein d’ériger un boulevard dépourvu de tout anicroche au rempilage du banquier-président.

Il n’y aurait certainement pas de crise si Fcbe n’avait pas fait main basse sur la Cour constitutionnelle notamment. On pouvait passer l’éponge sur les révoltes allumées partout sur le territoire béninois par les partisans du pouvoir en vue de faire échec à l’installation de plusieurs conseils communaux sensés défavorables à Fcbe. Les coups de force au sein des organisations de la société civile, les turbulences entretenues entre têtes couronnées, l’introduction de l’armée dans l’organisation des élections, la participation de militaires à la campagne électorale autour du chef de l’Etat ; des peccadilles à comparer à l’Opa réalisée sur l’arbitre de la constitution. Elle a la latitude de déclarer qui elle veut vainqueur des présidentielle sans possibilité de recours et sans possibilité de vérifier un jour l’éventualité d’une erreur d’appréciation même sans conséquence. Des dieux vivants du système qui ne doivent leur sanctuarisation qu’à un seul individu demandeur d’un mandat supplémentaire à la tête de l’Etat. Le très haut lui-même serait reconnaissant rapportent tous les livres saints ; à plus forte raison des dieux faits par le demandeur de la miséricorde. Ce n’est pas aux animateurs des « G » et « F » qu’on ferait l’injure de manquer de suite dans les idées. La résurgence du débat sur les origines de la crise montre bien que rien n’est joué à l’avance. Apparemment, les diversions du régime durent le temps de la structuration de l’alliance en vue d’une alternance en 2011. Yayi n’a voulu du dialogue que lorsque l’événement pourrait servir à enquiquiner ses adversaires comme faire ajourner le séminaire d’Abomey-Bohicon de novembre 2008 par exemple. Tout comme il avait été exigé des syndicalistes de surseoir à une marche de dénonciation de la fausse lutte contre la corruption.

L’abcès attend d’être définitivement crevé...

Par Arimi Choubadé
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