Un mandat pour le Christ, le second pour Mahomet…

mardi 15 septembre 2009 par Arimi Choubadé

Préparez-vous, les mollahs arrivent ! Les allées de la Marina en branle bas. Depuis que son locataire a entrepris de pister ses propres origines islamiques. Bien malin qui pourrait prédire jusqu’où aboutirait ce ressourcement spirituel. Séances de prières dans les mosquées, ballets d’imams à la présidence de la République, multiplication des références à ce passé musulman, voyage spirituel à la Mecque en marge du pèlerinage. On n’est jamais aussi près de la reconversion. Si telle est la volonté du prince, on ne voit pas celui qui pourrait l’empêcher de s’aligner derrière un imam en psalmodiant des versets coraniques et revivre sa ferveur originelle. Les voies de Dieu sont tellement insondables qu’elles peuvent nous révéler de grandes surprises.

Sales temps donc pour les évangélistes, à quelques encablures du rempilage. Les prémices de la fin d’hégémonie sont parues au grand jour lors du déboulonnage de l’inamovible encadreur spirituel en chef. Il a été viré de sa tour de contrôle de la Marina et relégué dans une instance de régulation des télécommunications qui n’a de régulation que son silence assourdissant. Un autre de ses comparses rôde autour du gouvernement depuis sa suspension sans savoir s’il sera réintégré un jour. Ne parlons de cet autre ministre obligé de multiplier les consignes de vote en faveur du chef de l’Etat, chaque week-end, pour garder son maroquin. En temps normal, ce présumé gourou du système se contenterait de sa posture d’un des encadreurs spirituels du grand boss pour voir venir les événements.

Virage à 180° du camp Yayi dont le programme de pré campagne à fort relent religieux et régionaliste se cherche de nouveaux repères. Au départ, le sursaut évangélique a cru trouver l’infaillible formule de galvanisation des fidèles : la peur du péril islamiste. Des messagers de circonstance avaient reçu mandat de faire une fixation sur ABT (Abdoulaye Bio Tchané) dont la proximité avec les milieux musulmans est de notoriété publique. Un activiste accompli. On le voit sponsoriser des concours de récitation du saint Coran, des voyages de pèlerins à la Mecque, des constructions de mosquée sur toute l’étendue du territoire national, des prises en charge de responsables religieux indigents…Le discours anti-ABT s’est structuré à partir de l’épouvantail d’une probable talibanisation de la Marina si le président de la Boad devrait y installer son quartier général en avril 2011.

Mais, les émergents ont dû faire marche arrière face à la dangerosité de ce discours notamment dans les régions fortement islamisées du septentrion sensées être le fief du docteur-président. Ce dernier se voit d’ailleurs contraint de donner des gages de sa bonne foi face aux accusations d’évangélisation des arcanes du pouvoir. La réponse semble privilégié le basculement d’une extrême à une autre : la prépondérance des mollahs en remplacement de celle des pasteurs. En définitive, ils s’installent au pouvoir en louant le Christ mais espèrent s’y maintenir en recourant aux préceptes de Mahomet. Dieu sait si on n’installera pas des stèles du fétiche Lègba, de Hèbiosso ou d’une autre divinité locale sur l’esplanade du palais de la Marina dès que viendrait l’envie de réviser la constitution. Les évangélistes du régime sont pris à leur propre piège, victimes de leur paresse intellectuelle. Ils auraient dû conjurer ses errements en proposant un projet de société fondé sur des principes républicains de développement qu’ils ne couraient pas le risque de cette rivalité malsaine. Leur protégé a bien compris que leurs différents prêches ne produisent plus tellement d’effets depuis qu’on les aperçoit à bord de luxueuses voitures et vivant dans des villas futuristes synonymes de corruption et de décadence.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres…

Par Arimi Choubadé
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