Et s’il s’imposait une trêve ???

jeudi 17 septembre 2009 par Arimi Choubadé

Des moments qui gravent à jamais mémoires. Pauvres de Abdou Diouf, de Soumaïla Cissé et compagnie, ce 14 septembre 2009 au Palais des congrès de Cotonou. La solennité de la cérémonie d’ouverture d’un forum vital pour toute une région en proie aux conséquences d’une crise mondiale impitoyable transformée en un véritable meeting politique. Un spectacle typique des Républiques bananières ; un ministre qui trouble bruyamment la sérénité des lieux escorté de scandeurs de vivats à la gloire du chef de l’Etat. « Yayi 10 ans, Yayi 10 ans, Yayi 10 ans » ; et la machine s’est emballée sans discontinuer durant toute la représentation. Encore une fois, pauvres des invités de marque. Bio Tchané, fils du pays, prétendant à la succession du prince du Changement, lui au moins savait ce qui pouvait l’attendre à ces genres de messes. Une apparition publique du président de la Boad là où se trouverait Yayi en territoire béninois est presque une déclaration de belligérance pour des émergents en plein rodage à 18 mois de la présidentielle. Pré campagne électorale oblige.

On se demande encore et toujours ce qui peut calmer les passions autour du docteur-président tant que le verdict de la présidentielle de 2011 n’est pas connu. Les gars de la Marina semblent convaincu que le mandat s’est arrêté à trois ans de son terme alors qu’il en compte 5. Depuis l’apparition des « G » et « F ». La faute à cette vieille classe politique qui refuse de se faire conduire à la casse. Elle aurait dû faire allégeance au prince de l’émergence et éviter de signer un mémorandum en 2007, celui du G13 ; de faire la déclaration fondatrice du G4 le 12 mars 2008 ; de tenir le séminaire d’Abomey-Bohicon la même année ou de signer le fameux Protocole d’Union le 1er septembre 2009. Ils étaient pourtant prévenus que le Changement est d’essence divine et que quiconque se mettrait en son travers subirait les foudres du régime.

Certains courtisans aiment à faire le parallélisme entre l’activisme de Sarkozy et les excès de Yayi. La comparaison se limite à l’hyper présence présidentielle sur les écrans de télévision. La crise vagale qui a envoyé le président français au repos forcé est une illustration de la différence entre les deux styles. A l’Elysée, ce sont les méninges qui sont soumises à un rythme effréné à force de cogiter sur de nombreuses réformes aussi bien en France, à l’Union Européenne qu’à l’internationale. Il est évident que les fibres craquent à un moment donné. Impossible par contre d’espérer cette rupture physiologique chez Yayi. Contrairement à l’Elysée, à la Marina, pas de réforme, pas de programme, pas d’agenda international. Il n’y à que les apparitions tonitruantes et propagandistes. Les seules à souffrir sont les pales d’hélicoptères qui n’arrêtent par de tourner au rythme des ballades présidentielles. Souffre également le trésor public soumis à rude épreuve : frais de mission des escorteurs, notes d’hôtels, billets d’avion, jetons de présence des applaudisseurs et frais divers lorsqu’on connaît la prodigalité exceptionnellement débordante du prince à mesure que s’approchent les échéances électorales de 2011.

À défaut de dissuader le docteur-président des nuisances de cet activisme incontrôlé, il n’est pas inutile d’attirer son attention sur la dangerosité de cette frénésie. Les invités au forum de la Soaga de Cotonou partent du Bénin avec l’impression d’avoir visité un pays de désordre où le « roi » règne la peur au ventre. Imaginez les partisans de Bio Tchané investir eux aussi le Palais des congrès en haie d’honneur à leur champion face aux excités du camp d’en face. Et si la Marina décidait de poser le baluchon de la pré campagne en se penchant sur le chômage des jeunes, le spleen des entreprises nationales et la mévente sur les étalages des marchés.

Si le peuple pouvait jouir un peu du plébiscite de 2006…

Par Arimi Choubadé
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