Le naufrage Unesco

jeudi 24 septembre 2009 par Arimi Choubadé

Le yayisme en grande démonstration sur les bords de la Seine. Une fenêtre pour la communauté internationale sur les pitreries des propriétaires de l’Etat du Bénin depuis avril 2006. Le prétexte s’appelle élection à la direction de l’Unesco. Délégation pléthorique, absence d’option directrice claire, indiscipline, cafouillage diplomatique. Ajouté à la marque déposée du régime du Changement, l’odeur du fric, 250 millions sortis du trésor public pour une aventure que l’on savait pourtant vouer à l’échec. Il faut bien un responsable à cette grosse gourde qui n’a fait qu’une bouchée du prestige du pays sur la scène internationale. Un responsable du choix d’entrer en campagne très tardivement, de se désolidariser de la candidature officielle de l’Union Africaine, de retirer la candidature contre l’avis du candidat lui-même. Le docteur-président pensait pouvoir croquer l’Unesco par des excès colériques exactement comme il l’a fait à l’interne lors des Opa à succès sur la Cour constitutionnelle, la Haac, les mairies d’Abomey-Calavi, d’Avrankou, de Kétou, de Tanguiéta, de Kandi.

Une véritable tête piquée de la Marina vers l’incertain. Farouk Hosni, l’Egyptien avait déjà fait le vide autour de lui par rapport à toutes autres prétentions africaines avec le soutien d’Addis-Abeba où siège pourtant le Bénin. Yayi ne pouvait prétendre disposer des mêmes armes diplomatiques que son homologue Hosni Moubarak qui ne s’est pas contenté de régenter l’Ua. La Ligue Arabe lui est également entièrement dévouée. De par sa position stratégique au Moyen-Orient, le Caire avait des moyens de pression aussi bien sur l’administration Obama en quête de résultats dans le conflit israélo-arabe que sur Sarkozy hanté par son projet de faire du pourtour de la Méditerranée un nouveau pôle d’influence. En face, d’un Yayi qui ne dispose que de 250 millions f Cfa et d’une équipe de campagne brouillonne dont les motivations sont à rechercher dans les frais de mission de ses membres, leur besoin de tourisme et leur goût de la démesure. La seule visibilité que les Béninois ont eue de cette campagne à l’Unesco demeure le passage propagandiste du ministre de la Défense, Issifou Kogui N’douro sur la chaîne de télévision africaine « Africa24 ».

On ne finira pas de conjecturer de sitôt à propos des motivations de la délégation envoyée à Paris en renfort, parait-il, au candidat Nouréini Tidjani Serpos. D’autant plus que le ministre des Affaires étrangères lui-même avait reconnu publiquement que l’initiative était trop tardive et n’avait aucune chance de prospérer. Apparemment, le goût du denier public facilement manipulable semble avoir pris le dessus. Sans la candidature de Nouréini Tidjani Serpos pas de budget de campagne donc pas de frais de mission ni de jetons de propagande et ses corollaires. Le tollé du camp du candidat malheureux sur l’utilisation des fonds renseigne suffisamment sur ce qui a intéressé les émergents dans l’histoire. On peut excuser la naïveté de Nouréini du fait de son éloignement du territoire national durant les années cauris. Ces amis locaux auraient pu lui aménager quelques meetings de remerciement et marches de soutien que sa candidature aurait connu une autre trajectoire. De plus, il n’a pas d’arguments ethniques et religieux rentables pour les émergents. Aux Bénin du Changement, les « patriotes » ne sont pas ceux qui essaient de hisser les emblèmes nationaux au firmament de la scène internationale. Les « patriotes », les vrais, reçus en audience au palais de la République, bénéficiaires de tous les marchés publics, des postes stratégiques au sein de l’administration publique, objets de tous les honneurs de la République se recrutent parmi ceux qui appellent constamment à la reconduction de Yayi en 2011.

Ça, Nouréini devrait le savoir…

Par Arimi Choubadé
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