Le retour des riches émegents ?

mardi 29 septembre 2009 par Arimi Choubadé

Revoilà Noudégbessi, les meetings de remerciement, les séances de prière et les marches. Retour en fanfare et sur des chapeaux de roue. Une première exhibition 48 heures seulement après la levée de sa suspension du gouvernement à travers un bref bain de foule à Dangbo à une manifestation publique des amis de l’Utd le 19 septembre 2009 alors que la réhabilitation n’est intervenue que le 17. Dès le 27 du même mois de septembre 2009, Avrankou, symbole Fcbe de la violence électorale peut admirer l’étalage du faste dont est capable un des sponsors les débonnaires du Changement. Plusieurs mois de suspension ne semblent pas avoir entamé le chéquier de Noudégbessi. En ces temps de grave récession, seul un émergent est capable d’assurer à des milliers de gens un service de ramassage de militants impeccable, une restauration populaire gigantesque et de consistants jetons de présence et des motivations diverses. Le tout mis en musique en quelques jours voire en quelques heures. Noudégbessi est riche.

A peine si les fêtards d’Avrankou se rappellent qu’au départ était la lutte contre la corruption. Les turpitudes de leur héro du moment sont bel et bien survenues parce que le contribuable béninois a été outrageusement floué lors de l’organisation du sommet de la Cen-Sad à Cotonou. Sa suspension du gouvernement répondait parait-il à un souci de clarification des responsabilités au sujet des irrégularités constatées en conseil des ministres. Le verdict gouvernemental n’a pas mis longtemps pour conclure que Noudégbessi serait le prototype de la bonne gestion, de la morale, de l’éthique ; un saint homme en fait. Une probité proclamée par l’Inspection générale de l’Etat puis par la commission Pognon toutes instruites par le premier des émergents, Yayi Boni. Même si la cérémonie d’Avrankou n’a rien d’un hommage à la probité. Aucun des orateurs n’a songé éclairer les Béninois sur l’origine du financement de l’orgie donnée par Noudégbessi à ses frères de village. Ceci pour dissiper tout soupçon de blanchiment de l’argent de Cen-Sad. Peut-être que le ministre a appris sa réhabilitation en même temps que l’annonce d’un héritage que lui aurait laissé une richissime tante lointaine pour justifier tout ce qui a été dépensé le 27 septembre à Avrankou. Rien également sur la présence des véhicules officiels sur les lieux de la manifestation. Et dire que c’est un non corrompu présumé qui était à l’honneur.

Du remerciement au chef de l’Etat. En quoi le fait qu’un ministre soit exempt de tous soupçons de détournement constitue-t-il un exploit pour le chef de l’Etat ? À moins que tout n’ait été dit aux gens d’Avrankou sur le mérite personnel du docteur-président dans cette histoire. Peut-être Noudégbessi le remercie-t-il de lui avoir évité l’épreuve fatale de la justice. Le pasteur-ministre n’a pas eu besoin de passer devant le juge avant de retrouver une respectabilité inespérée parce que son chef a préféré deux commissions sans véritable pouvoir à la justice du peuple avec des risques de déballage sur la place publique. Tout le monde aurait aussi remarqué une raréfaction des marches de soutien et des meetings de remerciement pendant le temps où Soulé Mana et Noudégbessi étaient simultanément absents du gouvernement. Sans bilan sans programme et sans perspectives, les émergents se savent viscéralement dépendants de ces grands jamborees où les billets de banque circulent abondamment. A se demander si les millions distribués aux marcheurs professionnels, aux animateurs de meetings, aux prieurs occasionnels et aux prêcheurs de circonstance proviennent des salaires des ministres, députés et conseillers du chef de l’Etat. En tout cas, il y en a certain qui claquent les billets de banque plus que d’autres. Noudégbessi en est un.

Avec ce ministre-pasteur, c’est plus de meetings, de marches et de prières pour le régime…

Par Arimi Choubadé
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