Le tour de l’épargne des pauvres…

lundi 12 octobre 2009 par Arimi Choubadé

Il leur en faut toujours plus. Ce n’était pas assez de pressurer les citoyens afin que la mégalomanie émergente porte le montant du budget national à des sommets mirifiques. Plus de 1200 milliards de pression fiscale sur les Béninois ne suffisent pas. D’où le rajout de l’émission d’un emprunt obligataire qui s’attaque désormais aux épargnes. Le credo saute à l’œil : ne laisser aucune poche de richesse où la bouffe ne passe et repasse. Avant même que les agents de ménages ne finissent de faire luire les meubles de la Marina pour son nouveau locataire aux premières heures du 06 avril 2006, les banques primaires ont été prises d’assaut au motif de suppléer la défaillance d’un gros débiteur des cotoculteurs. Plus d’une dizaine de milliards à distribuer aux paysans officiellement pour doper la filière coton en faisant passer le tonnage annuel du coton à 300 mille tonnes dès la campagne 2007. Une promesse qui se transforme en malédiction vue la dégringolade de la production cotonnière qui en a suivi.

Toujours les banques primaires à la rescousse face à la persistance de la crise énergétique. Des milliards en paiement des dettes de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). Alors qu’au même moment le conseil des ministres révèle que des responsables de cette Sbee se sont rendus coupables de manipulations dolosives des fonds à travers des passations de marchés des plusieurs milliards en gré à gré, des acquisitions fictives de matériels, de projets d’extension de courant électrique fantaisiste. Tous ceux qui ont cru à l’avènement d’un processus d’assainissement inédit ont dû déchanter aussitôt avec les positionnements des mis en cause sur des listes de candidature du regroupement politique du chef du gouvernement lors des élections législatives. Le gouvernement s’est alors empressé d’organiser l’impunité de gens que lui-même a mis en indexe. A qui a profité le crime ?

Ensuite, le pouvoir a vite fait de faire le ménage dans les institutions de micro finances. Un nettoyage en prélude à un vaste programme d’octroi de micro-crédits aux plus pauvres. Le secteur qui s’apprêtait à recevoir des dizaines de milliards du contribuable devrait être débarrassé d’allogènes politiquement non émergents. Ce qui fut fait, et proprement. Parallèlement aux banques primaires et aux institutions de micro finance, l’Etat-Fcbe a installé des comptoirs de captation sur tous les circuits d’activités du pays surtout dans le domaine portuaire. Sans oublier le tour du monde enclenché et qui a englouti d’autres ressources considérables à la recherche d’hypothétiques partenaires au développement. On croyait l’épargne des Béninois à l’abri des frasques du docteur-président. Erreur !

A l’annonce du lancement de l’emprunt obligataire d’octobre 2009, la question qui brûle toutes les lèvres demeurent : « que veut-il en faire ? ». De légitimes préoccupations après l’avis des experts du Fmi sur les lacunes d’un banquier-président que l’on considérait jusqu’alors comme l’un des brillants gestionnaire de sa génération. Rien ne garantie finalement, que l’épargne des pauvres convoitée par les émergents ne servent de jetons de présence à des marcheurs et à des participants aux meetings à la gloire du Changement. L’achat de lait, de sucre, de riz et de friandises pour un montant de 100 millions à des prétendus musulmans jeûneurs chaque année au mois du Ramadan ; les distributions de billets de banque dans les mosquées, les couvents, les paroisses ; les missions de propagande des ministres et autres responsables de société d’Etat. Autant de circuit où l’argent des pauvres risque d’être vampirisé sans scrupule. En tout cas, c’est sûr que l’emprunt obligataire n’est pas destiné à créer des emplois et à venir en aide à des entreprises en difficultés.

Un nouveau bol d’air pour la propagande ?

Par Arimi Choubadé
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