En quoi sont-ils meilleurs ?

vendredi 23 octobre 2009 par Arimi Choubadé

Recul de la liberté de presse (Rsf) ; insécurité des investissements ; dégradation du respect des droits de l’homme (Amnesty-International) ; entraves aux libertés de manifester et d’expression (Oit) ; corruption en croissance exponentielle (Transparency_international) absence de maîtrise des dépenses publiques (Fmi). Mis à part l’embellie temporaire au classement Fifa-Coca-Cola aux derniers mois de 2009, le Changement fait subir au produit Bénin une impressionnante dépréciation sur le marché mondial. Cela justifieraient-il pourquoi les randonnées internationales de Yayi ont commencé par s’espacer considérablement dès la mi-mandat ? Les émergents en avaient certainement assez de s’expliquer sur les rapports d’organismes internationaux qui rivalisent de mauvais points pour le pays depuis avril 2006. L’épisode de la partie de finale de coupe France au stade de St Denis en compagnie de Sarkozy alors que le docteur-président rêvait de photos sur le perron de l’Elysée, de tape dans le dos et d’aides budgétaires directes semble avoir produit des effets. Ce qui tient lieu de diplomatie béninoise a compris qu’il fallait désormais s’en tenir au service minimum à travers quelques sommets statutaires, des prestations de serment ou d’obsèques de présidents ou de parents de président. La bougeotte présidentielle pourrait se contenter des ballades d’hélicoptère sur le territoire national dans un contexte de précampagne sauvage et d’activisme frénétique des adversaires politiques.

Il me parait néanmoins très déterminant de se pencher sur les classements Rsf qui se suivent et se ressemblent. Le lieu de rappeler aux « patriotes » que les gars de Rsf se foutent bien du charabia que charrient quotidiennement nos chroniques et autres productions médiatiques. L’exercice ne consiste pas à nominer les meilleures plumes du monde mais à apprécier l’environnement dans lequel évoluent les animateurs des médias dans chaque pays. Le Bénin offre de piètres conditions que le Togo en matière de préservation de la liberté de presse parce que tout simplement le régime de Faure Gnassingbé a été bien inspiré de supprimer de sa législation interne les peines privatives de liberté pour des délits de presse par exemple. Le Bénin du Changement continue hélas ! de traîner cette plaie hideuse d’emprisonnement de journalistes pour délits de presse. L’autre excentricité exclusivement béninoise demeure le tribunal politique auquel sont assujettis les professionnels de médias, la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac). Seule juridiction au monde sans procédure et sans grille de sanctions préétablies. L’instruction s’y déroule à charge sans possibilité de se faire assister d’un défenseur. 9 juges dont 6 politiciens qui se délectent à bouffer du journaliste dépourvu de toute défense avec à la clé des « peines » sorties de nulle part. Elles varient des lettres d’excuse diffusée sur les ondes à l’interdiction de revue de presse contre des journaux en passant par l’interdiction d’antenne contre des auditeurs de radios privées. La mandature 2009 en a rajouté une couche avec la contrainte par corps assortie de l’injonction de comparution physique comme dans les juridictions de droit commun. En attendant d’installer des geôles appropriées dans les locaux de l’institution à l’encontre des écrivaillons récalcitrants et irrévérencieux vis-à-vis des augustes conseillers à la Haac.

Mais ce serait une injure de croire que le régime n’a excellé en rien. Le meilleur hommage aux émergents leur vient d’un fin connaisseur de la vie publique, Bruno Amoussou, ancien président de l’Assemblée nationale, ancien ministre d’Etat, plusieurs fois candidat à la présidentielle : le mérite d’avoir remplacé la cuillère à café par la louche dans le détournement de denier public

Qui dit mieux ?

Par Arimi Choubadé
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